RUPHIN : Mon parcours depuis la première année à Lokaro

TEMOIGNAGE

L’histoire commence le 25 Aout 1997 dans un petit village de la commune rurale de Mandromondromotra, district de Fort Dauphin région Anosy Madagascar, MIHA RIVONIAINA RUPHIN voit le jour au milieu d’une famille de petit village de pécheur.

J’ai grandi dans une famille très unis avec 3 frères et une sœur. Touché par la pauvrété, j’ai vécu dans une maison en paille. Mes parents font tout pour qu’on ne manque de rien. Mes parents ont occupé deux activités : l’Agriculture (riz et manioc) et la pêche d’eau douce (Poisson, crabes et crevettes). Se réveillant tôt le matin pour la pêche et l’après-midi pour les activités agricoles.
J’ai pris des exemples avec mon grand-frère et les enfants du village, je passe mon temps avec la pêche à ligne, le ballon dans le pied et des divertissement communes. La nuit, le jour, tout le temps, je pense à jouer. J’adore passer mon temps avec les enfants.
J’étais insouciant de l’école et un jour, en 2005, mes parents m’inscrit dans une école un peu loin de nos village (Etapera, environ 3km de Lokaro) car il n’y avait pas encore d’école à Lokaro . Chaque matin, comme plusieurs enfants vont à l’école, je suivais quand même, tout en ne connaissais rien de l’importance de l’école à l’époque. J’ai été redoublé et je me souviens très bien que l’enseignant m’a donné des devoirs de mathématique que je ne connais rien à lire et à écrire.
Il y avait un arrêt de l’école pour tous les enfants du village à cette époque et comme c’est un peu loin, il y avait des rumeurs d’insécurité sur le chemin vers l’école et tous les parents ont décidé de ne plus envoyer leurs enfants à ce village jusqu’à ce que l’association ZANAKY-LOKARO finisse la construction d’une nouvelle école au village.
Apres l’inauguration de notre nouvelle école, c’est l’année scolaire 2007-2008 que les enfants du village a débuter le première année. Grace à la proximité, la prise en charge par l’association de toutes les fournitures scolaires j’ai commencé a avoir la volonté et des ouvertures sur l’importance de l’école. J’ai commencé à me concentrer sur les études et du point je ne participe pas beaucoup à des activités à la maison du T1 à T4. J’ai obtenu le CEPE en 2012 à Etapera car il n’y avait pas encore des enseignants pour le passage à la CEPE à cette époque à l’école de notre village.
J’ai débuté le collège d’enseignement général, depuis la classe de sixième au chef-lieu de la commune, à Mandromondromotra en 2013, environs 13 km de Lokaro. Chaque vendredi soir, on revient au village pour aider nos familles, de laver nos vêtements et de récupérer la provision pour la semaine. Le dimanche après midi, on rejoint la college avec un peu d’argent, des maniocs, du poissons séché et du riz pour la provision de la semaine. Il y avait une famille de mon père à Mandromondromotra et mon Papa a construit juste une petite maison d’une piece en bois/paille pour se loger durant le collège.
Le premier et deuxième trimestre de l’année 2013, mes parents font leur activité pour gagner un peu d’argent pour nous, et chaque week end, on vient de les récupérer
En deuxième trimestre de l’année 2013, ma mère est venu à Mandromondromotra m’annonçant que je suis parmi les élèves qui bénéficient du soutien d’un parrainage de l’association. Selon les critère de sélection (note) de l’association, seulement nous étions 4 élèves à l’époque qui bénéficient de la deuxième vague de parrainage. La joie et le courage ont été toute suite naitre à moi et pour toute la famille car la subvention mensuelle allègera la charge des familles. C’est ma maman qui récupère l’argent chaque mois à fort dauphin dans un compte bancaire locale. C’est ma maman qui gère l’argent par semaine à l’époque. On s’efforçait jour et nuit au collège pour avoir la note, car l’association nous a pressé indirectement qu’au cas ou on atteint pas la moyenne, la subvention va  s’arrêter, donc on s’efforçait. Au collige, en sixième j’étais 13 de moyennes, en cinquième (15 de moyenne), en quatrième (14 de moyennes) en troisième (douze de moyennes).
J’ai rencontré deux fois la femme de mon parrainé lors de son passage ici à l’association. La premiere quand j’étais en classe de cinquième et la deuxième, je ne souviens pas. L’échange a été très riche. J’ai eu mon premier ordinateur portable en classe de troisième. L’utilisation d’un souris et la manipulation de l’ordinateur ont été pas facile à l’époque !
Au college, je trouve que le parrainage et la prise en charge de l’association ont un impact direct sur ma scolarisation, nous encourage a avancer et me motive car mes parents n’ont plus des souci pour mon inscription chaque année à l’école. Nous sommes un peu distinguée par rapport aux autres à l’école, même au village. Nous sommes forcées à améliorer nos connaissance en français, car nous avons la possibilité de s’échanger et d’écrire avec les étrangers, alors que les autres éleves n’ont pas cette possibilité. Et à l’époque, écrire ou répondre une lettre en francais, c’était vraiment un grand probleme !
En 2017 j’ai eu mon deuxième diplôme, le BEPC à Mandromondromotra ! Le couraage s’amplifient. Nous étions un peu plus nombreux car chaque année, l’association a trouvé des parrainné pour les élèves de notre village. J’ai poursuivi la classe de seconde et la classe de premiere à Mandromondromotra. Le rythme c’est un peu dur car j’avais les deux frères qui n’étaient pas parrainnée, on a cohabité ensemble. L’un depuis la classe de cinquième car il était sixième et la deuxième quand j’étais en classe de seconde. Je vois les problèmes financiers de mes parents de nous soutenir. La subvention mensuelle de l’association, c’est titré à moi, mais c’est nous trois qui sont les propriétaires. Depuis la classe de sixième, je communique avec mon parainné par courriel en papier et envoyer par l’association par voie postale
On a constaté que les professeurs au lycée à Mandromondromontra n’ont pas été très motivé, les résultats du bac chaque année le démontre car les élèves n’ont pas des cours complètes durant l’année scolaire, d’où j’ai décidé en 2019 de poursuivre à Fort Dauphin la classe de terminale. Un ami de mon papa à Fort Dauphin m’héberger, j’ai été inscrit dans un lycée privé. Des nouvelles relations avec les gens en ville ont été commencer. Des intégrations toute suite à des technologies comme l’internet, le mail et les réseaux sociaux. J’ai pu arriver à envoyer un premier email à mon parrainer et mon début de conversation par mail en Avril 2019 et jusqu’à maintenant. La ville exige un niveau un peu plus élevé dans tous les domaines. Au lycée, même la façon dont on s’habille c’est différent qu’en village.
J’ai eu mon bac pour l’année scolaire 2019-2020 série A2. J’étais très content ! J’ai eu des cadeaux partout ! Mes parents et mon parrainé sont très content de mon admission au Bac ! Le derniers souci c’était l’accès à l’université !
Heureusement, mon parrainné veut aller jusqu’au bout de mon parcours, il était toujours là depuis 2013 ! Il m’a envoyé une lettre qu’il peut soutenir mon cursus universitaire et le cursus que j’ai choisi jusqu’à la fin ! Elle m’a fait souvent des virements par WU selon les nécessaires et les virement annuelles de mes charges fixes.
Comme j’étais en contact direct avec mon parrainné par email, je les raconter toujours les étapes à faire avant d’entré à l’université ainsi que les charge y afférent. J’ai commencé par le projet de récupérer mon diplôme de Baccalauréat à Tuléar. J’ai été surpris de voir une très grande ville à Tuléar et beaucoup des gens !Le voyage du Fort Dauphin à Tuléar a été bien déroulé. J’ai pri le camion qui relie F/D- Tuléar. Nous étions presque 80 personnes. c’était tres serré mais le chauffeur s’enfou totalement. C’est mon premier voyage à l’exterieur de F/D, j’ai respecté toutes les consignes des amis qu’il ne faut pas laisser les affaires dans le Camion à l’arret ou au pause, il ne faut pas boire de l’eau ou d’acheter des nouritture dans chaque escale. Le paysage a été super.!!! Seulement des terres aride, des vents et des sables violents à Ambovombé. Des petits Baobabs dans le périphérique et jusqu’à l’arrivé à Tuléar…

Un amis universitaire qu’on a déjà téléphoné à Fort Dauphin m’attendais à la Gare de Tuléar et m’a amené dans la Cité Universitaire nomé MANDAY. C’est lui qui m’hébergeais jusqu’à l’acquisition de mon diplôme. Le Cité Universitaire est un peu loin de la ville. Pour aller en ville, on circule en pousse- pousse ici tiré par un homme en pédale d’un bicyclette et on paye en max 5000 Ar (dépend de la distance parcourir). A fort Dauphin, il n’y a pas d’un pousse pousse, c’est mon premier découvert et étonnement pour le transport urbaine!!!

Je suis bien accueilli ici, ils sont gentil et offre des conseil. Ils ne me laisse pas participer au repas journalière. Il m’accompagnai dans le service au baccalauréat. Nous avons organisé une fête de Noël 2020 ensemble avec eux et la fête du fin d’année a été très ambiante à Tuléar. Tout le monde dépasse leur limite en chant et en danse tropicale ! volume au fond!!! Du soir jusqu’au matin et durant le jour du 01 janv 2021.
Quand j’étais là bas, perturbé par le pandemie COVID 19, l’accès à des services de baccalauréat et en temps réel a été très difficile ! Ils ont delivré mon relevé de note et toute suite, j’ai rejoint Tana

Arrivé et bien installé à Tananarive. Une vie de capitale, plein des gens et de maisons comme je n’ai jamais vu. Les gens de Tana sont tous très prudents et se méfient, mes entourages même dans la rue. Aucun échange chaud avec les entourages. J’ai été très faible suite à la voyage de Tuléar à Tananarive et dans la préparation des dossiers d’inscription à l’Université.
J’ai loué une chambre avec eau et électricité pour  un cout de 140 000 Ar par mois. Moi et un frère de la personne qui m’héberge à Fort Dauphin avons recherché le loyer et nous a trouvé la chambre avec l’aide des agent guide pour une location des maisons. Ensuite, on a recherché l’Université et s’informer sur les différentes Université dans la ville. Il y a beaucoup des universités privées, mais mes amis ne m’encouragent pas d’y inscrire car par expérience, ils ont dit que la qualité n’est pas bonne. Finalement, on a fourni les dossiers de concours pour inscription à l’université d’Antananarivo. J’ai déjà envoyé au total 03 dossiers. Sciences Sociale et Développement, Agronomie et DEGS (Droit, Economie, Gestion et Sociologie). Encore perturbé par le covid 19, la date de concours a été reporté plusieurs fois et c’étais en septembre 2021 que les concours ont eu lieu. Parmi les trois dossiers je me suis admis pour le science sociale et développement. L’inscription a été déjà faite et le cours vont débuter le mois de janvier 2022 prochain. A Tana, j’ai fais le cours preparatoire et des cours personnelle pour amélioré mon Français car je me sentais encore très faible en français à mon arrivé. J’ai lisais beaucoup des livres !

La nouvelle vie en tant qu’étudiant ? c’est un peu complexe :  C’est très différent des lycéens dans toutes les domaines : on est responsable direct, les autres nous considère déjà majeur, les gens attendent de nous des idées bien fondés, on a découvert le sens de la vie, mettre le point sur notre avenir, on se sent unique qui a un grand responsabilité dans la vie, les raisonnement doivent être bien fondés, esprit ouvert sur les autres.

A la Capitale ? c’est très difficile en comparant à Fort Dauphin, le mode et mode le style de vie sont très différents et un peu difficile. On découvre plusieurs choses : l’étendu de la ville, les embouteillages, des choses que je ne vis pas à Fort Dauphin, les prix vestimentaires sont abordables par rapport à Fort Dauphin. Les échanges avec les autres étudiants venant des autres région me donne des choses très pratique et des leçons de vie.
Sans famille et amis ? c’était très dure au début, mais maintenant on est habitué. L’intégration avec les associations des étudiants venant de Fort Dauphin me comble un peu les manques, même de discuter avec la langue locale là-bas avec eux me donne la sensation que je suis à Fort Dauphin. La famille à Fort Dauphin nous encourage et nous soutien toujours moralement et attend ardemment le succès de son enfant !

Pour les futures étudiant, oui, il y a des épreuves, certaines sont douloureuses, mais on doit être toujours guidés par l’espoir de succès ! Les parrainages nous a fait pousser vers l’excellence pour avoir le style de la vie dont on a voulu. L’étude est plus importante que tout ! Grace à des efforts et des soutiens engagés par moi et les parrainées, tout est possible et malgré les épreuves, il ne faut jamais abandonner ! Et en souriant la vie, celle-ci te sourire en retour !

RUPHIN

 

 

 

Comment se donne le nom à Madagascar

D’abord, chaque région et ethnie ont chacune la façon de donner un nom. Alors, par le nom, nous pouvons détecter directement l’origine de cette personne.
Exemple : Mbehoafake (c’est un nom de l’ethnie Antandroy, dans le sud de Madagascar, dans la région Anôsy, ce nom signifie que : Je serai libérer un jour, c’est-à-dire les parents de cet enfant est très pauvre et que un jour ils vont s’en sortir de leur pauvreté par son enfant)
Le nom des malgaches ont tous des significations. Dans la plupart de cas, les parents donnent le nom de ses enfants suivant les circonstances qui se passent dans la vie quotidienne ou au moment que la mère portait sa grossesse ou durant son accouchement (si l’accouchement est facile ou compliqué) ou bien selon le souhait des parents. Donc quoi qui se passe ça provoque l’inspiration des parents pour nommer ses descendances.

Exemple : Nous sommes 3 frères et 2 sœurs. Nous sommes tous de même parents.
Mon père est MARA Sylvestre, Ma mère est RATENAIZY Micheline
Nous avons tous un nom différent :

1. ANDRIANANDRASANA Luc : Andriana (Personne noble, comme le roi) + nandrasana (Attendu) = Andrianandrasana : le roi attendu est arrivé) et Luc (Ils ont pris ça dans le calendrier catholique)
Alors ça signifie que mes parents ont bien apprécier leur premier fils car avoir un premier fils homme est bon afin de pouvoir remplacer la place du père au niveau de la famille au moment du décès du père en assumant toutes les responsabilités de son père.

2. NOMENJANAHARY Denis : Nomena (Donné) + Zanahary (Dieu) = Nomenjanahary (Dieudonné). Mes parents désiraient que ce soit une fille alors que c’était un garçon et ils ont dit que c’est Dieu qui l’a donné. Denis : ils ont pris dans le calendrier catholique

3. RASOANANDRASANA NIRINA Pâquerette : Rasoa (signifie une fille) + Nandrasana (Attendue) = La fille qu’ils ont attendue. Nirina = Désiré – Pâquerette : sa date de naissance tombait le jour de pâques.

4. RAZAFINDRANAIVO Mamy Ghislain : Razafi (Petit fils) + Ranaivo (Notre grand père) = Le petit fils de RANAIVO – Mamy : sucré, doux – Ghislain : Dans le calendrier.

5. HANTAMALALA Sylvestrine : Hanta/Mihanta (le dernier enfant est toujours près de sa mère et a besoin d’être câliner) + Malala (Chéri(e)) – Sylvestrine : mon père est Sylvestre, et comme je suis leur dernière fille chérie, alors je porte le nom de mon père.

Donner un nom à un enfant malgache ne se fait pas par hasard mais suivant les évènements avant la naissance et surtout selon les désirs des parents.

Les familles ont des places importantes utilisent souvent les noms de familles. Mais à présent, presque toutes les familles en ville copient ce fait même s’ils ne sont pas riches.
Les malgaches qui habitent en brousse, se dépend en moitié les dires de « Mpanandro » (Astrologue ou parfois considéré comme un féticheur ou sorcier), c’est-à-dire à l’aide de la lune, étoile que il trouve le nom suivant la naissance d’un nouveau-né.

Les autres ont la croyance qu’il ne faut pas que l’enfant porte le nom de son père car on pense que l’enfant aura sa propre chance bien plus que meilleure que celle de son père. Car en réalité le nom favorisera la vie ainsi que l’avenir de l’enfant.

Pour terminer mon explication,
Ma mère est RATENAIZY Micheline
Son père est RANAIVO Michel
Sa mère est MASY Elimine
Alors le nom de ma mère RATENAIZY explique : Notre grand père avait une maîtresse alors que sa femme définitive est notre grand-mère. Et au moment que notre grand-mère a donné naissance à ma mère, mon grand-père disait que c’est vraiment sa fille car elle se ressemblait à lui,
Ra = pour désigner un nom de personne : ex : Ra Anne Marie, Ra Patrick,……….
Tena izy : vrai, pur ( c’est-à-dire Micheline est la vraie fille de Michel et que ma grand-mère sa vraie femme .Pour pouvoir montrer à sa maîtresse que c’est vraiment elle sa femme et que elle avait une fille de lui.)
RATENAIZY Micheline= c’est bien elle la vraie fille de Michel

Voilà en général.
Merci

HANTAMALALA Sylvestrine

 

Témoignage de Max

Témoignage de Max

Bonjour,
Avant tout une pensée pour Pierre Rabhi, il nous faudra bien répondre à notre VÉRITABLE VOCATIONS qui n’est pas de produire et de consommer sans fin, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie, sous toutes ses formes. Merci, Merci, Merci, Pierre.

À Madagascar, le problème majeur du Grand Sud, est le manque d’eau, d’où la sous nutrition élevée et la forte insécurité alimentaire ( Amboasary, Ambovombe, Ampanitry, Betioky, Betroka) où les populations sont vulnérables surtout les femmes enceintes où les Allaitantes, les enfants de moins de 5 ans, dans les zones les plus reculées peu couvertes par les centres de santés. Depuis 2013, l’organisation « Actions contre la faim » a contribué à la structuration et la mise en place des organisations de la société civile autour de la nutrition (Plate forme HINA), et des ONG Malgaches de 2020 à 2024. Elle a mis en œuvre un programme intégré d’appuis à l’agriculture visant à améliorer la sécurité Nutritionnelle des ménages ruraux.

Il y a surtout un problème d’éducation et certains villages ont des tabous qui mettent les populations en danger de famine, je pense au tabou du manioc qu’il est interdit de faire sécher pour le conserver, au tabou d’arrosage interdiction de faire des canaux d’irrigation pour développer des rizières… je crois que l’éducation est la seule possibilité pour ces populations de pouvoir un jour sortir de la misère, c’est pourquoi je suis en complet accord avec la démarche de l’Association Zanaky-Lokaro.

MAX POUJOL,
Trésorier à l’Alliance Française à Fort Dauphin

Témoignages de nos instituteurs sur la vie en temps de pandémie

Nous avons demandé à nos instituteurs de nous parler de leur situation aujourd’hui face à la pandémie à Madagascar et à l’école Z-L… Voici l’intégralité de leur témoignage.

Narcisse : En mars 2020, les cas de coronavirus ont été découverts sur notre Ile de Madagascar, et notre chef d’État a déclaré officiellement que le Covid avait attaqué notre pays et le peuple malgache. Notre gouvernement a donc pris la décision d’une mise en quarantaine des porteurs du virus pour éviter la contamination. Ce sont surtout les provinces d’Antananarivo et Toamasina qui ont été très touchées mais cela a provoqué des conséquences très grave par répercutions dans tout notre pays ; Maintenant tous les peuples de Malagazy souffrent et des vies sont menacées à cause de ces crises que la maladie a provoquées, économique, sociale et aussi industrielle. Tous les investissements pour financer les projets sont arrêtés et des entreprises ont déjà quitté notre pays ce qui provoque du chômage pour le peuple malagasy. Le gouvernement a mis des moyens pour aider le peuple, par exemple, ils ont envoyé des docteurs pour soigner et ils ont distribué des objets pour que le peuple regagne une vie normale mais ça ne résout pas la crise.
Le gouvernement Malagasy essaye de résoudre le problème en cherchant le remède pour soigner le coronavirus avec le savoir et l’expérience de nos ancêtres selon le « Raokandro Malagasy » les plantes médicinales qu’on cultive ici à Madagascar.
Voilà tout ce que je voulais dire pour Madagascar.
Pour notre région de Fort Dauphin depuis le 19 mars la pandémie du Covid a perturbé beaucoup de choses et a ainsi rendu la vie difficile surtout dans le quotidien. Cette maladie provoque les crises sociale, économique et industriel parce que tous les prix des denrées nécessaires ont augmenté par deux ou trois fois plus que le prix normal comme le riz, l’huile, la farine…
En brousse depuis le commencement du confinement jusqu’à maintenant toutes les communications sont fermés, voies maritimes, voies terrestres… pour apporter tout ce qui est nécessaire. Et puis beaucoup de projets sont arrêtés et le taux de chômage augmente de plus en plus. Donc la crise éclate très fort pour les gens de Fort Dauphin.
Remerciement pour vous tous.

Narcisse


Filiastre : La pandémie COVID-19 à Madagascar et à Fort-dauphin provoque une énorme perte humaine et économique pour chaque personne à cause des confinements successifs. Le gouvernement Malgache et le CCO (Centre de Commandement Opérationnel) ont pris des mesures pour le bien de tous dès le début du confinement le 23 Mars 2020 : (cache bouche obligatoire en dehors de la maison, distanciation d’1m, éviter le contact, lavage des mains avec du savon après les W.C et avant de manger… Des barrages sanitaires, désinfection de voiture, de route, de la maison et la limitation de nombre des passagers) tout ça s’est fait dès le début du confinement total.
Des mesures aussi ont été prises au niveau de l’école pour assurer la rentrée scolaire masque/distanciation/hygiène/propreté. Nous avons mis un bidon avec robinet pour laver fréquemment les mains dans notre établissement.
Les mesures que nous avons prises à l’école sont insuffisantes car la situation des parents d’élèves est tellement difficiles à cause de la pauvreté. Mais on s’adapte pour mieux vivre.
(…) Vous savez la vie de la population se dégrade tout le temps et est difficile. Beaucoup de familles subissent des difficultés économiques. Elles ont perdu leurs emplois, les femmes de ménage qui vivent des jours de souffrances. Les transporteurs (bus, camions, taxi, tuc-tuc) n’ont pas pu faire correctement leurs métiers. Ils sont restés au chômage pendant plusieurs mois.
Par conséquent, tout le monde souffre, se révolte, est mécontents et tellement déçu de leur vie sur terre. Les frais de déplacement s’augmentent (le double du prix avant), le prix des PPN (Produits de Premiers Nécessités) est instable. Il y avait un moment ou le prix du riz est arrivé jusqu’à 150 000 Ariary le sac c’est-à-dire entre 1000 et 1200 ariary le gobelet (Kapok). Sans parler des vols, des cambriolages et pour finir les victimes du coronavirus qui a fait presque 10 morts au moins ici à Fort-dauphin.

Je tiens à vous dire merci pour votre collaboration et votre aide précieuse pour nous.

Filiastre

Tsygasy : Bonjour à tous chers amis c’est un grand plaisir pour moi de vous écrire cet article sur le Covid 19.
Je vais raconter petit à petit ce qui s’est passé à Madagascar depuis le début de la pandémie.
Le COVID-19 est une maladie qui a causé un grand problème dans tout le pays et surtout ici à Fort Dauphin. Il y a une crise économique, sociale et industrielle.
Par exemple la crise économique : Augmentation du prix des aliments et surtout du sac du riz qui coûte 150 000 Ariary et le gobelets de riz coûte entre 1000 et 1200 ariary.
Crise sociale : les travailleurs ne travaille pas à cause de cette maladie et l’école est fermé aussi pendant plusieurs temps.
Crise industrielle : plus de transport vers à la campagne ni vers la ville tous les gens sont confiné ils ne peuvent pas aller au travail la circulation a été interdite pour éviter la propagation de la maladie.
Voilà tout ce qui s’est passé chez nous pendant le COVID-19 soyez en bonne santé pour vous.

Tsygasy

Pédagogie du coloriage

Pédagogie du coloriage

Les objectifs :

  • la tenue de l’outil scripteur (le crayon)
  • le respect de la limite du trait
  • l’harmonie des couleurs
  • la détente et la libération des tensions
  • la concentration

LA PROGRESSION

T1

L’enfant qui arrive à l’école la première année n’a pas suffisamment de force et d’adresse dans les doigts et dans les mains pour tenir correctement son crayon. Il est donc nécessaire de passer par un apprentissage de la tenue correcte du crayon :

  • sans tension mais avec souplesse
  • utiliser les bons doigts pour la tenue du crayon
  • la main ne doit pas être cassée au niveau du poignet
  • le corps doit rester souple

1 – Le travail sur l’ardoise est prioritaire. La tenue de la craie ne demande pas d’effort particulier ni de geste précis. C’est important que l’enfant puisse laisser une trace écrite sur son ardoise pour se sentir créateur. Les séances au crayon doivent être limitées dans les premiers mois de classe.

Le coloriage ne peut pas être tout de suite introduit.

2 -Commencer par le dessin libre sur demi-feuille A4 (afin de ne pas gaspiller de papier). On peut utiliser les crayons de couleur ou les feutres (alterner les outils). Pas de consigne particulière si ce n’est de « conseiller » d’utiliser tout l’espace de la feuille.

3 -Lorsque l’enfant est prêt (chaque enfant évolue à un rythme différent) lui proposer un coloriage avec des espaces larges à remplir. (les mandalas ne sont pas appropriés dans cette phase d’apprentissage) il faut prévoir des coloriages plus simples.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un « modèle » : chaque enfant est libre d’utiliser les couleurs qui lui conviennent.

4 – Dans le courant de l’année il sera progressivement possible de donner quelques consignes plus précises sur la réalisation du coloriage :

  • respecter le trait sans dépasser
  • utiliser certaines couleurs

Il est important aussi de considérer qu’un coloriage doit être terminé… si une seule séance ne suffit pas il sera utile de reprendre le même une autre fois pour que l’enfant comprenne que c’est très important que le travail soit fait jusqu’au bout et éviter le gaspillage.

5 – Pour ceux qui ont une plus grande facilité de précision introduire les « mandalas » avec la seule consigne de ne pas déborder du trait.

(la progression présentée ne correspond pas avec le découpage des trimestres ou autre… c’est l’enseignant qui sent quand il est possible de passer d’une étape à l’autre et pas forcément en même temps pour tous les enfants)

 

T2

L’enfant sait maintenant tenir son crayon correctement et il a déjà utilisé différents outils (crayon – stylo – crayon de couleur – pinceau….) on peut donc présenter la séance de coloriage avec quelques consignes. Selon les enfants il sera peut-être nécessaire d’avoir encore à disposition quelques coloriages simples avec des espaces larges à remplir. Sinon les mandalas peuvent être utilisés mais il faut commencer par ceux qui offrent de larges espaces de coloriage pour cette classe d’âge.

1 – Pas de consigne laisser libre cours à ce que l’enfant veut produire (la seule exigence étant que le coloriage soit terminé….)

2 – Lorsque l’enfant est prêt (c’est à dire lorsqu’il respecte la limite du trait sans dépasser) on peut donner quelques consignes supplémentaires : utiliser 2 couleurs ou 3 couleurs au choix mais uniquement celles-là.

3 – Puis faire prendre conscience du dessin qui est représenté : c’est un cercle (la plupart du temps) avec un centre qui va vers la limite de la circonférence… La consigne peut être de travailler sur le dessin qu’on retrouve plusieurs fois dans l’espace de la même couleur.

Ces séances doivent être accompagnées par le maître afin que le travail soit bien fait.

 

T3

L’enfant aime de plus en plus ces séances de coloriage : il y prend plaisir et il sait produire un beau travail.

1 – Il peut travailler seul par exemple lorsqu’il a fini son travail avant les autres élèves de la classe.

2 – On peut varier les consignes : commencer le coloriage par le « coeur » du mandala (le centre) et aller vers l’extérieur ou l’inverse : commencer par l’extérieur pour aller vers le centre.

3 – Il sera peut-être utile de faire une séance collective avec le même mandala pour tous. Le maître montre alors l’évolution du travail depuis le centre vers l’extérieur puis de l’extérieur vers le centre

 

T4/T5

Le coloriage n’a plus de difficulté particulière pour les enfants de T4/T5.

Le maître peut utiliser le mandala avec les élèves pour varier la prise de conscience de

  • l’ouverture : on va du centre vers l’extérieur et chaque « niveau » de circonférence du dessin est colorié avec une seule et même couleur.
  • le retour à soi : on va de l’extérieur vers le centre et chaque « niveau » de circonférence du dessin est colorié avec une seule et même couleur.
  • Le dessin représente des « rayons » les colorier tous sur le même modèle avec les mêmes couleurs.

DANS TOUS LES CAS IL EST TOUJOURS IMPORTANT QUE LE TRAVAIL SOIT TERMINE ET NE PAS DONNER DE NOUVEAU COLORIAGE TANT QUE LE PRECEDENT N’EST PAS COMPLETEMENT FINI.

LE COLORIAGE SE FAIT AVEC DES CRAYONS DE COULEUR.

La progression présentée ici peut être complétée et améliorée par chacun de vous.

Chacun de vous doit connaître la progression dans son ensemble depuis la classe de T1 car certains enfants ont plus de difficultés que d’autres. Cette progression est donc à adapter à chaque enfant.

Il est essentiel aussi que cette séance de coloriage soit accompagnée par le maître.

Nous constatons que la pédagogie que vous pratiquez à l’école malagasy produit des enfants qui ont une très bonne mémoire. Par contre nous constatons aussi un « déficit » de réflexion personnelle.

Il serait bon d’introduire dans vos enseignements des techniques d’apprentissage à la réflexion personnelle. Votre pédagogie leur demande toujours de reproduire quelque chose qui ne laisse pas de libre choix de réponse. Hors il est « urgent » que les jeunes générations puissent donner leur avis sur l’avenir ! Si vous avez besoin de « conseils » nous pouvons en reparler.

BON TRAVAIL

ANNE-MARIE MIGNET

L’arbre du voyageur – LE RAVENALA

L’arbre du voyageur – LE RAVENALA

Tout le monde connaît l’arbre du voyageur arbre mythique de Madagascar où il se rencontre pratiquement partout.

Il aime les sols humides. Ses feuilles sont un réservoir d’eau (d’où son nom d’arbre du voyageur).

Toutes les parties de l’arbre sont utiles pour la construction des maisons traditionnelles.

La feuille : la partie feuillue pliée en deux sert à la couverture, c’est le raty. Le reste de la tige enfilé sur une tige de bois sert de murs extérieurs ou intérieurs, c’est le falafa.

Le tronc déroulé et écrasé sert également de murs extérieurs et pour les sols, c’est le vakaky.

Nous avons choisi de construire l’école en construction traditionnelle :

  •  c’est la plus belle manière de l’intégrer dans le paysage ;
  • toute la construction et l’entretien peuvent être faits par les villageois eux-mêmes ;
  • le vakaky qui constitue les murs extérieurs a une durée de vie de 10 à 15 ans et ne nécessite aucun entretien particulier ;
  • le raty de la toiture a une durée de vie d’une dizaine d’années alors que les tôles (en bord de mer) sont rouillées en quelques années.

Lokaro-ecole2.jpg

Nous observons dans la région différentes écoles construites « en dur » avec toiture en tôle dont l’entretien ne peut pas être fait par les villageois parce qu’il nécessite des matériaux qui doivent être achetés.

Notre école est issue de l’arbre du voyageur abondant dans la région : il suffit d’aller récolter.

Les murs sont en vakaky à l’extérieur et doublés de falafa à l’intérieur.

La toiture est en raty.

Nous avons fait une concession à la modernité avec un plancher en bois d’eucalyptus. La charpente est également en eucalyptus issu de plantations locales.