Mission plantation à Lokaro

Mission plantation à Lokaro

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STEPHANIE ET MANU A LOKARO DU 15 NOVEMBRE AU 15 JANVIER

 

Deux très longs messages me sont parvenus avec force détails sur le déroulement du séjour de Stéphanie et Manu à Lokaro. J’ai transmis le
premier tel quel à quelques-uns d’entre vous. Le deuxième date du 21 décembre. Il m’a paru important de ne pas laisser échapper tous ces écrits qui sont d’une richesse incroyable ! Je me
suis donc attelée à la tâche de les consigner dans un texte qui pourra nous servir pour un compte-rendu détaillé sur le blog. Je sais que chacun revient en occident avec beaucoup de choses à
faire et que parfois les compte rendus ne sont pas chose facile lorsque le rythme trépidant de nos vies nous reprend ! J’espère que Stéphanie ne m’en voudra pas de cette
initiative.

Voilà donc l’intégralité des messages de Stéphanie auxquels je n’ai retranché que les parties qui ne me semblaient pas intéressantes pour le
lecteur. J’ai également fait quelques modifications syntaxiques afin que cela soit plus facile à lire.

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AM


Le 27 novembre 2012

Je profite que nous soyons à Fort-Dauphin pour te donner des nouvelles ainsi que le programme à suivre. Tout se passe bien. Nous sommes partis à
Lokaro en pirogue pour minimiser les frais et nous sommes revenus avec Myriam à Fort-Dauphin pour organiser la suite.

Nous avons fait le tour des arbres plantés à Vatoroka : les enfants s’en sont plutôt bien occupés (quelques petites maladies à traiter et une
taille à prévoir). Nous pouvons donc continuer les plantations comme prévu. Nous sommes allés à Itapera rencontrer les parents des 3 enfants scolarisés dans notre école : ils nous ont montré
les terrains sur lesquels nous pouvions planter les arbres.

Nous avons profité de la venue de Myriam pour faire venir Sylviane que j’avais rencontrée lors de mon dernier séjour et à qui j’avais pensé pour
les interventions de sensibilisation à l’environnement et de suivi des travaux. Sur place, elle a pu nous conseiller sur les variétés les mieux adaptées, et se rendre compte de la difficulté pour
se rendre là-bas. Conclusion : elle est d’accord pour intervenir dès maintenant. Elle viendra avec nous demain pour transporter les arbres et commencer les plantations, et repartira en
milieu de journée avec Luc. Ensuite, ce sera tous les 15 jours avec Myriam et Geneviève jusqu’à la fin de l’année scolaire.

(Un petit aparté de clarification : Geneviève, la femme de Monsieur Patrice, domiciliée à Fort-Dauphin, s’est engagée à venir chaque quinzaine
avec le véhicule de santé pour reprendre le travail de chant avec les enfants de l’école. Ce qui est très satisfaisant sur plusieurs plans : les enfants en sont réjouis et nous nous
retrouvons avec un transport « rentabilisé » pour 3 projets.)

Les 3 femmes : Myriam, Sylviane et Geneviève vont se débrouiller ensemble pour se répartir les enfants. Sylviane prendrait les enfants pendant
2h30 le vendredi matin et ferait une partie théorique et une partie pratique à chaque fois (elle va nous faire un programme détaillé). Elle demande 45 000 ariarys pour chaque intervention (temps
de trajet et repas compris).

(Quant à Geneviève j’ai négocié avec elle l’échange : nous assurerons la continuité du parrainage de Stefan toute l’année à raison de 40 000
ariarys par mois : Geneviève Chauveau la marraine offre 250 000 ariarys, l’association prendra à sa charge 150 000 ariarys de dépassement annuel).

J’ai un ami en France qui souhaitera certainement financer cette action. Si nous sommes OK peut-on mettre en place un système de virement bancaire
(elle a un compte BNI) ? ou profitons-nous quand Raymonde est là pour lui faire un chèque ? Je pensais en tout cas lui régler sa dernière intervention ainsi que celle de demain par
chèque dès que Raymonde sera là, elle m’a assuré qu’elle pouvait attendre son retour.

Autre point : Patrice et Valéry souhaitent faire un petit verger également sur le terrain de l’école et relancent l’idée d’un potager. Ils
sont visiblement très motivés pour s’en occuper. Ils ont donc besoin d’une formation. De retour à Fort-Dauphin nous sommes allés dans différents organismes pour avoir des conseils en matière de
possibilités de plantations à Lokaro et pour trouver des pistes de formations. Nous avons eu pas mal d’infos et, bonne surprise, l’association ASOS, spécialisée en matière de nutrition et
d’agriculture propose depuis quelque temps des formations aux paysans de la région de 2 ou 3 jours comprenant une partie théorique et une partie pratique. Ces formations se font à la demande dans
le village de Nahampoana à 8 kms de Fort-Dauphin et peuvent se faire un week-end. Ils sont prêts à dispenser cette formation aux instituteurs à la date qui leur conviendra. Le coût total de la
formation est de 25 000 ariarys par personne (photocopies et repas compris). Nous pensons que ce serait déjà super qu’ils puissent déjà faire ça : nous pourrions les accompagner pour la
partie pratique afin de voir ce qu’ils ont appris et nous pourrions ensuite les aider à préparer le terrain, faire quelques semis et peut-être les premières plantations !

Nous sommes maintenant en quête d’un agriculteur sérieux, soit proche de Lokaro, soit de Fort-Dauphin qui pourrait ponctuellement être la
personne-ressource en cas de pépin ou de besoin… Nous avons quelques contacts. Affaire à suivre..

Dernier point : nous avons la possibilité d’emmener 4 ou 5 enfants à Fort-Dauphin pour 3 jours afin de visiter un verger et sa
pépinière,  passer à la pépinière dans laquelle j’ai fait mon stage une demi-journée pour que les enfants puissent pratiquer les repiquages et voient les différentes étapes de pousse, en
partie dans la famille de mon amie Henriette chef pépiniériste (à 3 kms de la pépinière) pour pratiquer la plantation de légumes. Nous ferons les trajets Lokaro/Fort-Dauphin à pieds et nous
serions logés chez Mme Geneviève (la femme de Mr Patrice). Les instituteurs pensent que c’est une bonne idée et que ce serait bien profitable aux enfants. Nous allons donc mettre ça en place avec
les enfants et les parents concernés. Nous sommes contents d’être là et de repartir demain passer plus de temps avec les enfants.

 

Le 21 décembre 2012

Les vacances sont annoncées, nous sommes donc de retour sur Fort-Dauphin. Je peux enfin te faire un petit résumé des actions réalisées : suite
à mon dernier mail, les arbres ont été plantés dans chaque famille, les enfants avaient le visage qui s’éclairait chaque fois qu’ils recevaient leur arbre. Nous avons fait les plantations avec
eux bien sûr et avec la participation de quelques parents. Tout le monde semblait bien motivé ! 8 arbres ont été également plantés sur le terrain de l’école en bas à gauche des
toilettes : nous avons délimité une bande de 7 mètres sur 27 mètres (là où vous avez plus ou moins envisagé le potentiel potager). Les arbres sont plantés sur la partie supérieure et la
partie inférieure reste disponible pour le potager. Les arbres n’étaient malheureusement pas aussi avancés que nous l’espérions mais bon ! ! On ne fait pas toujours comme on veut, on le
sait bien ! Une fiche technique a été réalisée par chaque enfant.

Nous sommes également partis à Evatra une fois avec les T3 et une fois avec les T4 pour visiter une plantation de patates douces et assister à la
plantation. Nous avons ramené 12 pousses à Lokaro que les enfants et les instituteurs ont plantées. Les instituteurs ayant réclamé le démarrage de l’atelier potager, nous avons acheté quelques
outils et une première série de graines. Des séances de plantation-formation ont eu lieu avec les T3 et les T4 en présence des instituteurs respectifs ; problème : la moitié des sachets
de graines vendues à Fort-Dauphin sont périmées et ont donné lieu à des échecs. Nous avons quand même de jeunes plants de courgettes, patates douces, tomates, aubergines, choux chinois ainsi que
d’autres semis en cours, que les enfants de Lokaro devront arroser sous la surveillance de Valéry pendant les vacances. D’autre part, les instituteurs souhaitaient une formation en maraîchage,
ils ont pu bénéficier de celle  proposée par ASOS les 15 et 16 décembre 2012 : il y avait une partie théorique et une partie technique… un peu court mais pas mal d’infos et de conseils
pratiques. Ils ont la possibilité de demander un supplément de formation au cas où ils seraient confrontés à des problèmes techniques précis dans l’avenir. Ils ont eu aussi un cours de la part de
Manu comprenant : les besoins du sol, anatomie et besoin des plantes, multiplication des plantes et conduite des cultures. Pour la rentrée du 2è trimestre, il est prévu de poursuivre les
plantations, et de remplacer les lots de graines défectueuses afin d’arriver à une gamme de légumes la plus complète possible. Nous retournerons à Lokaro dès la rentrée juste avant notre retour
pour assurer ça et puis les instituteurs vont pouvoir se lancer ! Ils ont maintenant le contact de personnes-ressources avec les techniciens agricoles de ASOS en cas de soucis ou de besoins.
 ASOS a proposé un partenariat en matière de formation au maraîchage, destiné aux enfants (intervention sur Lokaro) allant jusqu’à la commercialisation des produits du jardin chez SODEXO,
partenariat qui ne me paraît pas adapté à nos objectifs actuels. Les instituteurs se sentent capables et motivés pour prendre en charge ce projet et nous n’avons pas non plus pour l’instant ni
l’intention de produire de façon intensive, ni d’envoyer les légumes à SODEXO ! donc pour l’instant nous proposons de ne pas faire de partenariat et d’en rester là !

Par contre, ce qui est intéressant c’est que dans l’avenir nous pouvons certainement organiser des stages pratiques pour les élèves intéressés par
l’intermédiaire du technicien agricole d’ASOS qui travaille avec les paysans de Nahampoana. Nous allons essayer d’arranger ça avant notre départ, puis Patrice et Valéry se chargeront d’organiser
ce qui sera possible pendant les vacances de Pâques ou d’été : on verra bien si quelque chose peut se faire de ce côté-là, ce serait bien !

2 001Entre le 11 et le 14 décembre nous avons donc fait une virée à Fort-Dauphin avec 4 enfants ; ils étaient logés comme prévu chez Genenviève et tout s’est
bien passé. Nous avons visité un potager avec explications à l’appui à Manatantely (8/9 kms à l’ouest de Fort-Dauphin). Départ en taxi-brousse et retour à pieds en passant par la pépinière de
reboisement dans laquelle j’ai fait mon stage. Ils ont pu voir les différentes étapes de plantation et pratiquer le repiquage et le désherbage des jeunes plants.
Nous avons fait des jeux de construction et étudié les vitamines et apports des aliments ainsi qu’atelier cuisine et préparation du jus d’ananas : ils
étaient ravis chez Sylviane. Ils ont également pu étudier toutes les plantes et arbres de son jardin ! Nous devions visiter le verger de Mr RIAZ, mais la visite a été annulée car pénurie
d’essence ce jour-là et comme nous repartions à pieds pour Lokaro le lendemain nous n’avons pas voulu faire trop marcher les enfants la veille.

C’était un séjour sympathique, les enfants ont été super gentils, intéressés, sages… bref admirables !

Voilà en gros pour les activités. Nous avons donc passé de bons moments. Je pense aussi que les instituteurs ont maintenant pas mal de clés en
main. Une journée de formation arboricole est prévue à leur effet le 4 janvier : elle leur sera dispensée par Sylviane à Fort-Dauphin. Elle demande 45 000 ariarys pour 1 journée de 7h30 à
12h et 14h à 18h. Je me suis permis de donner mon accord.

En ce qui concerne les interventions de Sylviane, pour l’instant ça se passe bien : elle a programmé de faire un travail de sensibilisation à
l’environnement, d’assurer le suivi des plantations, d’amener les élèves à mettre en place une mini pépinière expérimentale. Nous souhaiterions monter un « club » et être inscrits au
ministère de l’environnement pour permettre aux enfants de participer 1 à 2 fois par an aux actions organisées par le ministère : journées de reboisement par exemple… Sylviane connaît la
responsable des projets. Je vais essayer de la rencontrer pour voir dans quelles conditions nous pouvons assurer le déplacement des élèves et quelles aides ils peuvent nous apporter mais je pense
que c’est une bonne chose d’essayer, cela permettrait aux gamins de rencontrer d’autres écoles, de faire des actions conscientes pour l’environnement, de sortir un peu de chez eux.

Je te donnerai des nouvelles à la rentrée car nous allons profiter des vacances pour visiter
un peu la région.

 

Retour à lokaro après les vacances scolaires pour 1 jour et demi seulement avant notre retour en France. Nous constatons que les 4 planches de semis plantées en pleine terre ( carottes, bredes,
petsay, ramirebaka) ont d’après Valéry germé pendant les vacances puis été picorées par les poules; il n’en reste rien ! (une clôture ou protection 
sera sûrement à prévoir comme nous l’avons mentionné pour l’avenir).

Parmi les dernières graines semées en bassines, une partie seulement a réussi. nous avons donc retenté de semer en pleine terre oignons et carottes en protégeant une des planches avec l’unique
moustiquaire que nous avions en notre possession (Raymonde est chargée de transmettre un rouleau de moustiquaire plastifiée par l’intermédiaire de Myriam) .

Nous avons aussi repiqué les tomates semées 1 mois plus tôt ( les aubergines et poivrons n’étant pas tout à fait prêts, seront repiqués plus tard par les instits et les enfants ).

Pour finir, nous avons récapitulé tous ensemble ce qui avait été fait depuis notre arrivée, donné les derniers conseils et encouragements pour l’avenir et fait un petit discours d’adieu.

 En conclusion, en ce qui concerne le potager, nous avons rencontré des problèmes de graines périmées ainsi qu’avec les poules. Nous pouvons prévoir
qu’à chaque stade de la culture, de nouvelles difficultés vont se présenter (maladies, rythme d’arrosage, animaux nuisibles….) Bien que Patrice et Valéry en soient conscients, il sera
nécessaire de les encourager à toujours recommencer jusqu’à ce que la clef à chaque problème soit trouvée. Manu et moi restons en contact téléphonique avec eux  pour les conseiller quand nous le pourrons et surtout les soutenir; Ils ont également les coordonnées du technicien agricole d’ASOS en cas de besoin et nous
espérons que d’autres bénévoles pourrons également quelques fois relancer des séances de jardinage  afin d’entretenir le dynamisme et la
motivation !

Pour ce qui est de la partie sensibilisation à l’environnement, suivi des arbres fruitiers plantés et perspectives, il est donc convenu que Sylviane (l’intervenante) en assure le  bon déroulement et la suite. 2 journées de recensement des espèces d’arbres sur la presqu’ile et à Solhaka sont prévues avec les enfants afin de faire un état
des lieux et  d’organiser courant Mars ou avril,  2 journées  de reboisement avec arbres forestiers  et fruitiers adaptés (environ 200 en tout). Les parents des élèves devraient
être mis à contribution et participer dans la mesure où ils le souhaitent.

Une petite pépinière scolaire  faite de  poteaux et raty pour ombrager les jeunes plants devrait aussi se
mettre en place sur une partie du petit verger dès le mois de Mai. L’idée est de permettre aux enfants de faire pousser arbres fruitiers et forestiers à partir de graines, noyaux ou jeunes
pousses et d’assister et de participer à toutes les étapes de la culture pour ensuite continuer l’année suivante le reboisement.

 Ces projets reposent actuellement essentiellement sur Sylviane., nous restons  en contact avec elle et
espérons que  les choses vont se dérouler au mieux .Certaines des séances prévues seront peut-être annulées à cause du problème du transport en
période de saison des pluies !

La distance qui nous sépare de Lokaro n’est, il faut bien le dire pas toujours facile à gérer pour ce qui est du suivi des projets mis en place. Nous essaierons bien sûr d’y contribuer au mieux
de notre côté  dans la limite de nos possibilités. C’est pourquoi nous avons essayé de faire en sorte que ce soit les personnes sur place qui puissent
tenter au mieux de les faire aboutir (Patrice, Valéry et Sylviane).  Maintenant, place à «  la suite des évènements « !

Nous avons passé de très bons moment avec les enfants, Patrice et Valéry qui étaient  bien motivés et disponibles. Nous avons aussi fait de belles
rencontres qui nous ont aidé à mieux appréhender le contexte local sous tous ses aspects et garderons vraiment de belles images de ce séjour.

Stéphanie

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11-001.jpg2013 Janvier Mission Stephanie et Manu

 


Mission 2012-08-21

VINGT-DEUXIEME MISSION D’ANNE-MARIE

(du 21 août au 18 septembre 2012)

 

Un peu prétentieux peut-être était ce projet écrit et proposé que vous avez tous certainement découvert dans le blog de l’association dès le mois d’août !

Comme tout projet que nous faisons à distance et hors contexte il s’agit toujours de se mettre à l’écoute de se qui se présente et qui est réalisable dans l’ici et maintenant.

Cependant, j’ai eu raison de faire confiance à notre bonne étoile puisque nous nous sommes retrouvés une équipe de 4 pour mener à bien ce projet auquel tous ont adhéré et je les en remercie vivement ! Je vous présente donc mes co-équipiers de ce séjour qui fut vraiment très chouette !

         Olivier, un « woofer » rencontré à la Réunion qui avait été séduit par le film lors d’une projection chez nous à « l’arbre sans fin » : il connaît Madagascar puisqu’il y a déjà fait 3 séjours et a déjà participé à des actions dont il pourra parler lui-même. Il décide de partir pour 3 mois à Madagascar et de commencer son séjour par une aide au chantier prévu pour Zanaky Lokaro : il est arrivé le 28 août et prolonge son séjour à Lokaro d’une semaine après mon départ.

        Eric Lechevallier, menuisier à la Réunion et son frère Gilles, infirmier en Bretagne nous rejoignent le 7 septembre ils repartiront le 18 septembre. Ils nous ont donné à voir et à vivre une si belle fraternité que nous nous sommes sentis tous en famille autour de ce chantier. Gilles étant alternativement infirmier et menuisier lorsqu’il n’avait plus de soins à donner.

 

Le chantier de fermeture de la mezzanine commence le mardi 4 septembre. Le plus difficile dans ce genre de projet est toujours l’acheminement du bois de Fort-Dauphin à Lokaro. Cela commence par la disparition du bois chez Lucien notre menuisier de Fort-Dauphin : il est parti en vacances et n’ayant pas donné d’information à son frère qui gère l’atelier en son absence le bois a été utilisé pour d’autres commandes. Il faut refaire la commande et nous n’aurons la totalité du bois que le vendredi 31 août. Départ pour Lokaro le dimanche 2 septembre : nous mettrons 2 jours pour faire la route ! C’est la première fois que nous aurons à nous prévoir un hébergement en route vers Lokaro… Une aventure que nous vivons avec légèreté et qui nous permet de prendre une autre mesure du temps et des échéances… (pour la petite histoire 2 crevaisons sans roue de secours avec 2 retours sur Fort-Dauphin du chauffeur pour que nous arrivions enfin à destination). Heureusement que nous connaissons beaucoup de monde sur la route, nous sommes hébergés dans une chambre avec lits et moustiquaires presque tout confort ! Merci à Gervais et à sa famille…

 

Le mardi, les ouvriers sont là : Valéry, les plus grands de nos élèves et des anciens élèves sont là… Nous décidons de travailler en matinée de 8 heures à 13 heures et de garder nos après-midi pour d’autres activités avec eux. Nous demandons à Eric et Gilles de nous rapporter du riz afin que nous puissions envisager de prendre nos repas tous ensemble ! Nous avons fait avec eux des festins de riz et de légumes, quelquefois des crevettes, du poisson… Ils ont très bon appétit et rien ne résiste à leur faim insatiable…

Je vous laisse découvrir sur les photos le plaisir qu’ils ont eu à travailler pour l’amélioration de leur école. Lorsque je pars le dimanche 16 septembre de Lokaro le chantier est terminé ! 12 jours !

Je me suis totalement déchargée du chantier sur « les garçons » et c’était bien agréable de pouvoir ouvrir l’atelier de couture avec quelques filles demandeuses…atelier qui attirait systématiquement les garçons lorsqu’ils étaient fatigués du chantier-bois… Les garçons adorent broder et je prends note que je dois ramener du fil à broder, des aiguilles et quelques bricoles qui manquent. Nous démarrons avec 5 filles la couture d’une jupe portefeuille que je taille et j’accompagne la réalisation au plus près afin qu’elles apprennent à coudre dans « les règles de l’art »… nous décousons lorsque le travail n’est pas correct… elles sont très patientes et sont contentes de voir le résultat très bien fini. Il y a beaucoup de demandes de la part des autres filles mais je ne veux pas commencer quelque chose que nous n’aurions pas le temps de finir. Je dois aussi accompagner les « hommes » pour une certaine logistique à laquelle ils ne sont pas habitués. Tout ça dans une légèreté vraiment très agréable. Pas de stress pour terminer, nous savons que ce sera fait à temps. Nous avons même réussi à démarrer un aménagement de nouveaux rangements à l’étage supérieur des fermes de la charpente afin que Valéry puisse avoir tout l’espace au sol disponible !

 

J’ai profité des 11 jours à Fort-Dauphin pour m’occuper des autres aspects du projet :

1/ contact avec Mr Murcia du Port d’Ehoala (pour mise à disposition d’un véhicule pour Myriam)

2/ l’eau dans la cour de l’école (ONG AZAFADY)

3/ la possibilité d’une ouverture de classe à Vatoroka (CISCO)

 

1/Mr Murcia attendait mon appel : il avait consulté notre blog et savait que nous allions le solliciter : il m’a renvoyée vers l’ONG CIELO TERRA et vers les loueurs de véhicules de Fort-Dauphin. Cielo Terra nous propose un transport jusqu’à Evatra donc Myriam devrait marcher à pied de Evatra à Lokaro ce qui n’est pas jouable sur une journée d’intervention.. ou bien de lui prêter une moto ! Donc rien de nouveau pour l’instant sur ce projet que nous allons continuer comme l’an dernier…

J’ai eu le bonheur de revoir Lizo avec sa belle cicatrice sur le front à la lisière des cheveux (pour rappel Lizo s’était fait un scalp lors d’une chute)… La maman est venue nous offrir un kilo de crevettes et 2 noix de coco pour nous remercier. J’ai félicité Myriam et Valéry pour leur rapidité d’intervention.

Je laisse à Gilles le soin de faire son compte-rendu de mission pour ce qui est de la santé des enfants de l’école.

Nous restons conscients que la plupart des enfants sont malnutris et que leur santé globale en dépend. Cela prendra du temps avant que nous puissions modifier la donne en ce qui concerne la nourriture de ces enfants… Apprendre à cultiver autre chose que du manioc dans un potager scolaire est toujours un objectif à atteindre avec un accompagnement… Nous comptons sur Stéphanie pour faire naître cette envie de planter… des arbres… et de les soigner pour qu’ils portent des fruits.

 

2/C’est pour cela que nous nous sommes rapprochés de l’ONG AZAFADY avec laquelle nous avons déjà travaillé puisque c’est elle qui nous a aidé à finaliser le puits. En discutant avec Lomba le technicien nous nous sommes intérrogés sur la possibilité qu’il y aurait de non pas creuser un autre puits mais plutôt de remonter l’eau dans une réserve qui serait plus proche de l’école. Le dénivelé n’est pas très important et nous comptions faire un essai pendant notre séjour : Lomba a été malade et n’a pas pu venir. Je suis repassée les voir à mon retour avant de reprendre l’avion mais je n’arrive pas à savoir si nous pouvons ou non compter sur eux ! Je me demande si nous n’allons pas expérimenter seuls cette possibilité. Je leur ai demandé de nous donner une réponse sur leur possibilité de nous aider qu’elle soit positive ou négative afin que nous sachions s’il est bon d’attendre ! En regardant mes notes je me rends compte qu’il y a un an déjà que j’ai pris contact pour ce projet ! J’aurai un échange avec Stéphanie pour lui en parler et voir si elle peut le faire avancer.

 

3/Ma rencontre avec le chef CISCO (équivalent de nos inspecteurs de l’Education Nationale) a été surprenante. Lorsque je lui ai remis la lettre signée par les représentants de parents d’élèves, le chef du Fokontany, le chef ZAP (conseiller pédagogique de la zone) et l’instituteur de l’école de Vatoroka il me signifie tout de suite son accord ! Je lui demande une rencontre avec tous les partenaires afin de signer une convention début octobre lors de mon retour pour accompagner la rentrée des classes à Lokaro. A suivre donc… mais nous ne sommes pas dans l’urgence les élèves de T4 de l’an dernier seront scolarisés à Itapera dans la classe de Monsieur Fiandria qui est très content d’accueillir les bons élèves de l’école Zanaky Lokaro. Au revoir à tous les T4, ils seront toujours bienvenus lorsqu’ils auront envie de nous revoir et de participer aux activités que nous proposons à l’école. Nous les incluons dans le projet santé de Myriam et dans le projet plantation de Stéphanie. Ils vont nous manquer ! Nous prenons aussi l’engagement de les équiper pour leur matériel scolaire de l’année. Ils sont 27 sortants dont 6 filles… Flavina ne fera pas sa classe de T5 elle se marie. Nous avons parlé de ce problème d’âge avec Monsieur Patrice et nous constatons que nous devons rapidement arriver à une école qui reçoit les élèves de 6 à 12 ans afin que les filles sortent plus tôt pour une éventuelle entrée en 6e au collège… le changement est déjà là puisque les enfants entrant en classe de T1 (apprentissage de lecture) ont 6 ans. Nous avançons progressivement vers des classes d’âge d’enfants qui correspondent à l’âge de l’école primaire.

Nous avons fait 2 réunions avec parents et enfants :

              les T5 sortants et la mise en pratique des parrainages : inscription dans un établissement scolaire secondaire et ouverture d’un compte bancaire à la FIVOY. Ils sont tous reçus au C.E.P.E. : Sigasy est premier de la circonscription et Fliastre est second. Bravo à tous !

              Les T4 et la poursuite de leur scolarité à Itapera en attendant que Zanaky Lokaro puisse mettre en place autre chose mais est-ce souhaitable ? Ne vaut-il pas mieux travailler de concert avec les 2 autres écoles de la presqu’île ?

Les 2 rencontres ont été intéressantes et je constate un intérêt des enfants et de leurs parents pour la suite de la scolarité.

La fait de réunir les enfants et leurs parents me semble très judicieux : certains enfants ont réussi à poser des questions très ciblées sur le côté pratique de leur nouvelle vie. Merci à Sam et à Raymonde de nous avoir suggéré cette solution : lorsque les jeunes entendent la parole des adultes ils sont attentifs et les adultes sont plus posés dans leurs propos. Si une classe devait être ouverte à Vatoroka ne faudrait-il pas s’orienter vers une classe pré-scolaire ? Monsieur Maurice de Vatoroka (conseiller municipal) s’engage à prendre contact avec la mairie de  Mandromodromotra pour une rencontre afin de parler de l’entretien du local (gouttière – toilettes – réserve d’eau).

 

Je laisse de côté le sujet du point d’eau dans la cour de l’école… aux dernières nouvelles l’ONG AZAFADY se serait engagée sur un deuxième puits dans la cour de l’école.

 

Je m’arrête là et je vous invite à compléter votre information par les compte-rendus d’Eric et de Gilles.(bientôt en ligne)

 

Un séjour très positif et il est toujours difficile d’y mettre un terme. Je prends l’engagement de revenir pour aider à la rentrée scolaire début octobre.

 

Anne-Marie MIGNET

  

Mission 2012-05 Enseignement du français

 

Projet d'enseignement du français langue étrangère

Une semaine à Lokaro

Mélanie

 

13h15, le 15 mai 2012, arrivée à Fort-Dauphin.

A l’aéroport, je m’engouffre dans un taxi direction le centre-ville, chez Raymonde. Nous sommes un mardi. J’ai trois jours pour préparer mon aventure en brousse à Lokaro. Je pars vendredi avec Myriam, le médecin de l’école.

Ces trois jours passent rapidement. Raymonde me fait découvrir Fort-Dauphin et surtout m’aide à préparer mes provisions en vue de mon séjour à Lokaro. Là-bas, il n’y a ni électricité, ni commerces ; il faut donc bien s’organiser.

Je suis venue ici dans le but d’observer des cours de français donnés à des étrangers et enseigner cette matière.

 

Vendredi 18 mai

Ça y est, l’aventure commence !

Après avoir fait deux heures de 4/4 sur une piste magnifique, j’arrive à Lokaro…enfin plutôt en face. Nous traversons en pirogue un bras de mer pour rejoindre le village.

Je suis accueillie par Valéry, un des instituteurs, et tout un groupe d’enfants. La joie et l’excitation de voir une « wasa » règnent.

Il est 11 heures et l’école est terminée. Place à la consultation de Myriam. Elle a quasiment une centaine d’élèves à voir.

Pendant ce temps, je m’installe, aidée par tous, dans le Hilton v : petite bicoque en bois, construite par les membres de l’association et les villageois, et qui contient les éléments nécessaires à un séjour confortable (filtre à eau, moustiquaire, matelas gonflable…)

Les élèves sont très curieux de ma présence et passent leur temps à m’observer. Très rapidement, certains d’entre eux commencent à lier connaissance avec moi.

 

Samedi 19 mai

C’est le week-end : le calme règne au village. Il reste entre 15 et 20 enfants, les autres élèves habitent dans les villages alentour.

Je passe la journée la région avec comme guide la vingtaine d’enfants. Je devrais plutôt dire : je passe la journée à essayer de suivre les enfants ! Ils ont une dextérité incroyable : ils passent d’un rocher à un autre avec l’aisance d’un cabri. Ils marchent des heures sans boire une goutte d’eau et ne sont même pas épuisés.

17 h : la nuit tombe sur Lokaro. Je suis exténuée. Au loin, les lucioles scintillent.

 

Dimanche 20 mai

Journée moins sportive qu’hier. Je reste à Lokaro même.

La communication avec les enfants est moins aisée que ce que je pensais. Ils parlent peu français et n’osent pas se lancer. On se débrouille donc différemment et le courant passe. Je ne cache pas que je me pose des questions sur mon rôle d’enseignante ici : comment vais-je réussir à leur faire cours ?

Je passe la matinée sur la plage avec eux. Ils me chantent des chansons françaises qu’ils ont apprises ainsi que des chants malgaches. On fait des jeux et ils m’apprennent à jongler avec des graines.

L’après-midi, on décide avec Valéry de débroussailler les alentours de l’école, pour éviter l’abondance de moustiques. Tout le monde s’y met, surtout les grands. Munis de sécateurs et de coupe-coupe, on attaque ! 1 heure et demie en plein cagnard ! On termine l’après-midi en remettant en place le filet de volley-ball et les poteaux. Les élèves ont reçu un colis de collégiens de la Réunion contenant des nouveaux ballons, mais ils ne le savent pas encore.

17h : Je prends le thé avec Valéry et sa femme. Valéry parle très bien français et l’on prépare la journée du lendemain.

 

Lundi 21 mai

7h30 : Les élèves sont déjà tous là à attendre que l’école ouvre (ça change de la Réunion !!) Les petits jouent pendant que les grands remplissent les bassines d’eau. Valéry est dans sa classe, il écrit au tableau les mots à lire pour les T1 (CP)

Flavina (une des grandes du village) est venue me voir pour nettoyer à la bétadine une plaie au pied. Les enfants ont vraiment acquis la notion de soins.

8h00 : Lever du drapeau avec l’hymne national. Les élèves sont alignés dans un ordre bien précis, encadrés des deux instituteurs (Valéry et Patrice). Les élèves se dirigent ensuite vers leur salle mais avant d’y entrer, ils se lavent tous les pieds et les mains (ils le feront tous les jours, 2 fois par jour).

Je m’installe d’abord dans la salle de Valéry. Il a 36 élèves qui sont 3 par 3 sur les bancs. À gauche, les T1 (CP), à droite, les T4 (CM1). Je me présente (mais ils savent déjà qui je suis) et leur explique le but de ma visite. Valéry traduit en malgache. Nous leur lisons, ensuite, une lettre d’Anne-Marie et ouvrons le colis qui fait leur plus grand bonheur. Il y a plein de nouveaux ballons, des maillots de sport, un pèse-personne.

L’après-midi, je fais la même chose dans la classe de M. Patrice. Il a autant d’élèves (une quarantaine) et les niveaux T2 (CE1) et les T3 (CE2).

 

Mardi 22 mai

Je m’installe pour la matinée dans la salle de Valéry. J’irai voir l’après-midi la classe de M. Patrice.

J’ai l’impression d’être dans « La petite maison dans la prairie ». Valéry doit gérer deux niveaux différents et des âges différents : ses élèves ont entre 6 et 16 ans. Il jongle très bien entre les deux :  pendant que les T4 ont un travail écrit à faire, les T1 lisent à voix haute les syllabes et les mots écrits au tableau. Et inversement.

À midi, une toute petite ne se sentait pas bien. Valéry l’a testée au paludisme, elle était positive. Elle a quitté la classe en larmes. Ce genre de scène se répètera plusieurs fois lors de mon séjour. J’aurai toujours du mal à m’y faire.

La classe de M. Patrice fonctionne à peu près de la même manière. Cependant, comme les deux niveaux sont assez proches, parfois le cours est commun. J’assiste à une heure de grammaire française. La méthode pédagogique de M. Patrice est traditionnelle et je m’aperçois que les élèves ont quand même des bases de français.

 

Mercredi 23 mai

Ce matin, je travaille avec les T4. Ils doivent écrire une lettre aux collégiens de St Benoît qui leur ont offert le colis. Je prends avec moi les meilleurs en français et nous nous installons à l’extérieur sur une natte, à l’ombre d’un palmier (ça c’est les bons côtés de l’école en brousse !) La séance a été laborieuse : les élèves n’arrivent pas à s’exprimer en français. Ils connaissent des mots mais ont du mal à faire des phrases même simples. On va donc changer de tactique avec Valéry.

12h00 : les élèves ont deux heures et demie de pause. La plupart rentrent chez eux dans les villages alentour. Je partage ma pause déjeuner avec ceux qui restent et, après le repas, nous allons à la plage jouer. C’est un moment privilégié où chacun de nous apprend la langue de l’autre. Tout au long de mon séjour, j’affectionnerai ces instants-là.

L’après-midi se passe simplement : je reste à observer les cours de Valéry et M. Patrice.

 

Jeudi 24 mai

Journée un peu laborieuse. Les élèves sont tous plus ou moins malades : la grippe principalement. Du coup, ils manquent d’énergie.

L’objectif aujourd’hui est d’écrire la lettre avec les T4. Je leur fais cours. Je parle très doucement et certains (peu) comprennent. Les autres ont besoin de la traduction de Valéry. On fait le plan de la lettre tous ensemble et ensuite Valéry et moi les mettons en groupe d’écriture. En moins d’une heure, chaque groupe a fini son paragraphe…écrit en français ! Il va falloir, évidemment, que je retravaille la lettre mais ils ont fourni un gros effort. On les félicite. Ils sont fiers d’eux et nous aussi.

L’après-midi sera partagée entre les cours et un bilan médical : on mesure et on pèse les élèves. Chaque élève a une fiche à jour. Je ne peux que constater à quel point certains ont un poids trop minime. Ça me fait mal au cœur !

Le soir, Flavina a pris l’habitude de venir me voir et nous passons de plus en plus de temps ensemble à regarder les lucioles, boire du thé, soigner son pied. Avec les jours, elle ose plus parler français et on arrive de plus en plus à converser. J’aime bien ces moments.

 

Vendredi 25 mai

C’est mon dernier jour !

L’école s’arrête à 11h30 quand Myriam arrive. On n’a donc pas vraiment travaillé ce matin. Il était prévu qu’on aille se balader tous ensemble mais M. Patrice est grippé. On ne se voyait pas vraiment Valéry et moi avec 100 élèves dans la nature.

On reste donc en classe mais l’ambiance n’est pas au travail. On fait des jeux de rôle et je me transforme en institutrices malgaches pour les T1. Ma prononciation provoque un fou rire général. Du coup, les T4 me donnent un cours.

Myriam arrive et il se crée une file d’attente incroyable. Pourtant tous ne sont pas malades mais ça les rassure de voir le médecin. Valéry et moi l’aidons.

14h30 : la visite médicale est finie. Il est temps de dire au revoir. La plupart sont encore là. Il règne de nouveau une surexcitation et je leur promets de revenir.

 

CONCLUSION

Mon expérience à Zanaky-Lokaro a été riche en émotions. En écrivant ce compte-rendu, je m’aperçois que je n’ai retenu que les bons moments. Pourtant, il y a eu des instants moins faciles : les enfants malades du paludisme ; mon statut d’enseignante de français qui ne trouvait pas un gîte ; le manque de nourriture variée. Mais c’est la magie de Lokaro. Les mauvais moments s’oublient rapidement, seuls les bons restent en mémoire.

Mission février mars 2012

Mission février mars 2012

Mission de Jean-Marie Wisniowicki, Anne-Marie Mignet

et Jean-Louis Renaud (du 15 février au 3 mars)

Vous trouverez ci-dessous

1/ CR d'Anne Marie : LA SAISON DES PLUIES A LOKARO

2/ CR de Jean-Louis RENAUD du 15 février au 3 mars 2012

3/TÉMOIGNAGE DE JEAN-MARIE

4/CR mission de reconnaissance de Stéphanie

 


1/LA SAISON DES PLUIES A LOKARO

CR d'Anne Marie

 

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Séjour fort en émotions intenses… J’ai pleuré 2 fois… A notre arrivée, l’annonce de la mort de Dila m’a beaucoup affectée. C’était un petit garçon si vivant ! J’ai passé beaucoup de temps avec lui dans mes précédents séjours et nous jouions souvent ensemble… il me rejoignait chaque fois qu’il me savait seule et disponible ! Intelligence très vive, je me réjouissais de l’accueillir bientôt dans notre école… La vie et l’énorme demande de tous les autres nous fait vite prendre la mesure de notre tristesse… Je n’ai pas eu besoin de me poser de questions sur l’utilité de ma présence là-bas durant ce séjour… Tous mes projets sont remis en cause par l’urgence du moment !

 

LA SANTÉ !

Cette saison des pluies est caractérisée par une recrudescence phénoménale du paludisme ! Même notre docteur Myriam a due être hospitalisée et a raté une des ses interventions.. Myriam était à Lokaro le 2 février, Dila est mort le 4 février… C’est incompréhensible qu’elle n’ait pas été mise au courant… Cela nous fait nous interroger sur notre action et sur la population à qui elle s’adresse… Nous ne sommes pas suffisamment organisés pour soigner tous les habitants de la presqu’île… Myriam vient une journée par quinzaine.

Le docteur Myriam était là le 23 février. Elle avait reçu 40 tests et soins (paludisme) du ministère de la santé. Nous avons donc commencé ensemble le dépistage systématique et elle m’a laissé la tâche de continuer pour la suite de mon séjour, ce que j’ai accepté ! Lorsque je suis partie de Lokaro le 14 mars, il restait 4 tests et presque tous ceux que nous avons utilisés étaient positifs ! Les enfants ont été soignés : 3 comprimés 3 jours de suite. Le traitement est simple et efficace. Il aurait pu sauver Dila ! Nous avons discuté avec Myriam de la limitation de notre action. Nous sommes à peu près tombées d’accord sur le fait que nous privilégions les enfants de l’école et que nous intervenons dans les cas d’urgence sur le reste de la population… Lorsqu’il ne s’agit pas d’urgence nous orientons les personnes vers le dispensaire de Mandromodromotra. Tous les centres de santé ont reçu les tests et soins gratuits pour le paludisme…

Lors de sa visite du 23 février, nous avons reçu en fin de journée une maman et son bébé : Myriam diagnostique une gastro avec déshydratation… nous décidons de l’hospitaliser à Fort-Dauphin : Myriam paiera tous les frais et nous la rembourserons. Nous avons sauvé ce bébé et la maman est venue nous remercier avec 2 noix de coco. J’ai payé à Myriam tous les frais médicaux (environ 40 000 ariarys) et elle a gardé à sa charge les frais de nourriture de la maman et du bébé pendant la durée du séjour à l’hôpital. A Madagascar les soins hospitaliers ne sont pas gratuits et les malades ne sont pas nourris pendant leur hospitalisation. Ce qui explique que les plus pauvres ne font pas la démarche d’aller se faire soigner et qu’ils meurent abandonnés. Ce qui n’était pas le cas de Dila qui de toute façon aurait dû être pris en charge. Gervais est parti à Fort-Dauphin à pied avec Dila sur son dos. A son arrivée chez le docteur celui-ci l’a aussitôt fait hospitaliser mais c’était trop tard ! Durant notre séjour, 2 autres enfants sont morts : 1 à Itapera et 1 à Vatoroka. Nous avons pu distribuer aux mamans de jeunes bébés des farines pré-cuites offertes par Monsieur WORETH de la boutique « GEM LA VIE » de Saint-Leu : cet aliment semble faire des miracles auprès des bébés en cours de sevrage et ceux qui sont sous nutris. Merci donc à tous ceux qui oeuvrent et aident.

 

RÉFLEXIONS À CE PROPOS

 Cette expérience de proximité nous a fait prendre conscience de la fragilité de la vie dans cette presqu’île de Lokaro. Nous avons aussi eu connaissance (la veille de notre départ) de la présence d’un guérisseur à Vatoroka qui est le papa d’un de nos élèves (Didier). Notre conversation avec Myriam s’est orientée vers ce sujet également… C’est étonnant de voir combien certaines informations ne nous arrivent pas… Je pense qu’une enquête sera nécessaire pour aller rencontrer toutes les personnes qui soignent et voir comment nous pouvons œuvrer ensemble si c’est possible ! Myriam pense que notre action peut être mal ressentie par les guérisseurs… donc à voir. Elle dit qu’elle n’a pas peur !

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Myriam a fait un excellent travail pour les parasys ! Gédelant est transformé ce n’est plus le même petit garçon ! Il peut maintenant marcher normalement ! Affaire à suivre parce que dans le temps ça peut recommencer ! Je me suis ramassé aussi une parasy dans un doigt ! C’est la première fois que ça m’arrive !

Son intervention se passe le vendredi. Le samedi n’était pas adapté. J’ai demandé à Valéry de laisser sa classe à sa disposition dès qu’elle arrive ! Il semble que ses interventions n’étaient programmées que pour l’après-midi puisque l’école est prévue jusqu’à 11 heures le vendredi. Valéry peut prévoir des activités en extérieur dès que Myriam arrive afin qu’elle puisse avoir une journée complète ! Nous avons fait deux malles de médicaments : j’ai tout trié. Une malle pour les soins internes et une valise pour les soins externes… Le stock est maintenant assez important et ce n’était pas pratique pour Myriam. Je crois que ce serait bien que vous fassiez ensemble le point sur les antibiotiques Denis et Myriam.

 

LA LOGISTIQUE

1- Transport

Parallèlement, à ces problématiques de soins nous avons eu un différend avec Luc le chauffeur de Myriam… Il nous apparaît que le tarif exceptionnel qu’il pratiquait avec nous soit remis en question (120 000 ariarys par voyage carburant compris)… La nouvelle proposition serait de 150 000 ariarys sans le carburant ! Il faudrait donc compter 70 000 ariarys de plus par déplacement (soit 28 euros) ce qui fait annuellement une charge supplémentaire de 560 euros.

Cela nous demande de réfléchir au transfert de Fort-Dauphin à Lokaro. Un taxi-flotte de Fort-Dauphin à Evatra a été mis en place par Cielo Terra (ONG) : ça ne fonctionne pas pour le moment les populations riveraines refusent de payer les 1 000 ariarys demandés pour le trajet (+ 50 ariarys par kg de bagage)… Il reste de toute façon le trajet Evatra-Lokaro qui peut se faire à pied si l’on n’a pas de bagages. Nous avions pensé à la charrette-bœuf sur cette portion mais les « fadys » sur le travail des zébus dans cette région de l’Anosy sont puissants et nous sommes des « vazahas »…

Myriam nous a fait une proposition qui nous semble intéressante : former Valéry notre instituteur aux soins minima de santé en lui laissant à disposition une petite pharmacie. Il a l’air d’être intéressé. Il serait juste à mon avis de prendre en compte sa disponibilité et de le rémunérer en fonction de ce que cela peut représenter comme temps. Nous ne pouvons pas considérer nos enseignants disponibles pour tout ce que nous mettons en place en dehors de l’action éducative.

Une autre partie de notre intervention de santé a été de soigner les « bobos » nombreux et très infectés… Jean-Marie les a comptés lors d’une séance où il m’a remplacée (22 enfants dont certains avec plusieurs bobos). Nous avons largement utilisé le « vahona » (aloès) qui a bien fonctionné.

2 – Coordination des actions

• a – spiruline

spirulineNous nous étions arrêtés à Tananarive pour acheter de la spiruline auprès de l’association « Espoir pour un enfant ».

Notre tentative de faire avaler une cuillérée à café avec du sirop de grenadine n’a pas fonctionné… Cette association nous a donné un protocole : la cure doit durer 6 semaines, la spiruline accompagne le repas, les enfants sont pesés avant et après la cure. Nous avons donc abandonné le projet pour le moment. La spiruline est stockée et disponible dans la malle à pharmacie. Notre balance doit être arrivée chez le fournisseur et nous pourrons redémarrrer ce projet dès que possible si nous trouvons le moyen d’en faire un biscuit sucré..

• b – repas

Fevrier2012089Nous avons renouvelé l’expérience d’offrir un repas aux enfants. Il pleuvait à verse ce jour-là… Nous avons transformé les salles de classe en cantine scolaire avec des nappes en plastique sur les tables… Nous avons pris conscience des difficultés à surmonter avant de pouvoir penser à une cantine… Le repas n’était pas prêt à mi di, le service est long et compliqué, les enfants mangent très salement… Au menu : riz à gogo, haricots avec légumes et sauce tomate, sirop de grenadine pour tous. Leur plaisir n’était pas simulé ! Ils mangent tous de bon appétit des quantités qui nous paraissent incroyables ! Est-ce que cela se régulerait s’ils avaient un repas par jour ?

• c – goûter et toilette

30l de chocolat 

Nous avons utilisé les 20 euros que Denis et Véro avaient fait passer par Stéphanie selon son idée : nous avons offert un lait au chocolat ! Le succès ! Avec les quelques ariarys restants j’ai acheté du shampoing et nous avons refait une séance toilette : avec les filles aucun problème… avec les garçons l’organisation n’a pas fonctionné ! A revoir !

Myriam voudrait lancer une action brossage des dents… je lui laisse ce soin ! Je n’ai jamais osé démarrer ça bien qu’il y ait déjà sur place une cinquantaine de brosses et quelques tubes de dentifrice (apportés par Lyliane)… A suivre !

• d – plantations

Fevrier2012028 Fevrier2012026

En dehors de la santé j’ai pu faire un peu de travail au jardin avec quelques enfants : désherbage par arrachage des racines…ils pratiquent d’habitude soit en coupant, soit en brûlant… Nous avons commencé par l’espace que nous avons redéfini comme futur potager. L’espace qui avait été prévu précédemment a été planté en rizière et les enseignants pensent pouvoir  l’étendre jusqu’à la source si nous arrivons à résoudre l’intrusion des poules. Avec Jean-Louis nous avons fait une visite des arbres qui ont été plantés en mai 2011 lors du séjour de Laurent. Notre bonne surprise a été totale : de tous les arbres plantés près des maisons des enfants à Vatoroka un seul arbre est mort, tous les autres sont en bonne forme. Nous avons refait une deuxième visite avec Stéphanie en essayant de commencer une prise de notes sur chaque arbre. Les neems qui ont été plantés dans la cour de l’école ont eu moins de chance : 2 sur 6 ! La protection des jeunes plants doit être vraiment sérieuse pour parer aux jeux des enfants pendant les récréations. Nous avons replanté 4 arbres (letchis, bibasse à Vatoroka, corossol et cœur de bœuf à Lokaro). Nous avons aussi pris le temps de trier le tas de végétaux en 3 tas : herbes, feuilles de cocotier, autres branchages. Je laisse à Jean-Louis le soin de parler des autres activités liées à la nature qu’il a faites avec les enfants.

 

ENFIN FAIRE AUTRE CHOSE QUE SOIGNER !

J’ai aussi fait une activité classement-rangement de la bibliothèque : j’ai pris les enfants par groupe de 5 dont 3 grands et 2 petits de la classe de Valéry. Tous les livres et les jeux qui n’étaient pas rangés ont été identifiés et placés par reconnaissance de leur usage. Il faudra que je reprenne cette activité dans un prochain séjour afin de mettre sur les livres une marque de classement pour faciliter le rangement. Les enfants ont super bien participé et nous nous sommes régalés.. je n’ai pas eu le temps de faire la même activité avec les élèves de la classe de Patrice. Les plus grands sont en demande de dictionnaires malgache-français. J’ai personnellement trouvé que certains enfants font un effort pour parler français ! Je vais moi-même me renseigner sur une possible formation en FLE (français langue étrangère) afin de pouvoir orienter l’en seignement des maîtres que je ne trouve pas très adapté : Valéry travaillait pendant notre séjour sur la conjugaison des verbes en « oyer » et en « ayer » avec les CM1…

Jean-Louis a bien occupé le temps pluvieux que nous avons eu pendant ce séjour par des projections de films sur grand écran ! Un régal ! C’est lui-même qui va en faire le CR. Je l’ai assisté du mieux que j’ai pu jusqu’au 3 mars puisqu’il occupait tous les enfants ! Les maîtres ont apprécié les films ! Il est excellent dans son rapport aux enfants !

 

LA COOPERATIVE DE TISSAGE 

Une dernière chose : le lancement du travail de tissage pour l’exportation. Au départ une idée que j’ai eue pour la vente des colliers e t des bracelets de Patricia Bonneville notre amie de Paris à laquelle elle a adhéré. J’ai cru bon de solliciter les femmes, maman des élèves de l’école… comme à chaque fois la relation avec les adultes s’est avérée source d’incompréhension… elles m’ont dit pouvoir tresser une pochette par jour. Elles étaient 10 et cela se passait 1 semaine avant notre départ. Je me suis donc engagée à leur acheter toute leur production jusqu’à mon départ ! Nous n’avons pas compté exactement le nombre de pochettes tressées (j’ai laissé ce soin aux élèves) mais je suis sûre qu’il n’y en a pas loin de mille ! En fait elles en font une dizaine par jour ! J’ai donc réussi à me sortir d’affaire en leur en prenant 10 à chacune et à m’engager à leur payer au fur et à mesure de mes visites les pochettes en stock ! Ouf ! De toute façon si nous envisageons de les faire travailler pour l’exportation il faudra redéfinir nos demandes et nos besoins et trouver une solution pour le transport ! Pas si simple que ça en a l’air de créer une activité économique, bien que je pense que ce soit une bonne solution quand je vois comment elles se sont précipitées sur l’ouvrage ! J’ai demandé à Valéry de faire un cartable et une pochette format A4 à ramener par Stéphanie. C’est dans leurs cordes mais nous devons être exigeants sur la qualité !

 

L’OUVERTURE SUR LE MONDE

Fevrier2012035Les jeux des enfants de l’école de Baudrières ont été transmis. Jean-Marie a fait des photos. Ces jeux ont un grand succès ! Je les ai sortis pendant la grande récréation de midi à leur demande : surtout le loto sur les animaux ! 

 J’ai transmis aux enseignants les différents courriers qui ont été lus aux enfants. Je leur ai également transmis le projet d’échange culturel… Ils ont l’air d’être partants ! J’ai ouvert une boîte postale à l’adresse de Zanaky Lokaro (262) : il ne reste plus qu’à poser la serrure… La poste de Fort-Dauphin loue les BP sans les serrures. La personne responsable n’était pas là donc j’ai confié ce soin à Stéphanie et à Raymonde !

Nous avons beaucoup discuté avec Stéphanie et nous sommes arrivés à la conclusion que chaque projet doit être le plus autonome possible afin de ne pas alourdir les « tâches » de ceux qui viennent… Je trouve, personnellement, plus intéressant que les échanges de courriers entre les enfants se passent par la poste : ceux de Lokaro auront ainsi la connaissance du comment leurs lettres arrivent jusqu’aux enfants de France et ceux de France auront la mesure du temps de communication qui n’est pas seulement un clic sur l’ordinateur ! Ce qui n’empêche pas que nous profitions de temps en temps des visites des uns et des autres… 

 

VERS L’AVENIR ET LA PERENNITE

Jean-Marie a posé le problème du suivi de l’action sur place et il pense qu’il serait vraiment urgent de trouver une personne de confiance qui serait le trait d’union entre nous et l’école. Cette personne s’occuperait de toute la partie administrative et gestion sur place, aurait accès aux comptes et la signature et serait notre organe de contrôle sur la présence et la pédagogie pratiquée en classe.. Nous avons pensé à notre ami Thiam de Tananarive que Cécile a rencontré lors de son escale à Tananarive. Nous l’avons également présenté à Jean-Louis. Il enseigne actuellement au niveau collège chez les luthériens, il a été responsable de la gestion d’une petite structure hôtelière près de l’aéroport, c’est là que nous l’avons connu. Nous ne le connaissons pas dans l’action… Nous ne savons de lui que ce qu’il nous dit. L’idée serait de l’emmener avec nous lors de notre séjour d’août-septembre prochain afin de ne pas entraver son emploi actuel et de lui montrer ce que nous faisons… Il est informé par ce que je lui en dis lorsque nous nous rencontrons à Tana quand je fais des escales. Il faudrait évidemment mett re des « garde-fous » au niveau de l’argent… Nous constatons à chaque fois que la gestion honnête de l’argent est assez absente de la culture malgache ! Sans leur jeter la pierre puisque chez nous aussi ça devient rare ! Je dois lui communiquer par mail ce que nous attendons de lui.

Nous avons commandé chez Lucien notre menuisier tout ce qu’il faut pour finir le plancher de la mezzanine et en faire une classe ! Un chantier à prévoir pour août-septembre-octobre pour ceux qui sont disponibles !

Nous avons passé beaucoup de temps à comprendre pourquoi l’argent du parrainage de Bienvenu était sorti de notre compte et n’était arrivé nulle part : pas de sous sur le compte du père à la Fivoy… Il semble que cette banque de micro-crédit soit une bande d’escrocs… Nous envisageons de changer d’établissement : les enseignants ont aussi leur compte dans cette boîte !

Le séjour d’Eric et Noëlle qui était prévu du 25 mars au 17 avril est annulé. La maman d’Eric est décédée il y a une quinzaine de jours et il n’est pas en forme ! Il ne se sent pas d’aller là-bas maintenant. Stéphanie a, je crois , super bien commencé son séjour. Nous sommes allés à Lokaro avec elle du dimanche 11 mars au mercredi 14 mars. Jeudi elle avait déjà eu un entretien avec le responsable de l’ONG La Croix du Sud. Vendredi lors de notre départ elle est passée en coup de vent à l’aéroport.. son « patron » avait un colis à récupérer et elle l’accompagnait pour aller visiter les pépinières. Elle a commencé à définir le projet avec les 2 enseignants : poursuivre ce qui a été commencé, plantation d’arbres et de pare-vent ainsi que des bois de chauffe éventuellement…

J’ai revu Azafady pour le creusement d’un autre puits dans la cour de l’école… ce qui serait nettement plus pratique pour une action sanitaire. Ils vont le programmer et normalement les creusements se passent à partir de juin lorsque les pluies ont cessé.

Nous avons ré-installé le panneau solaire à l’usage des enseignants. Cette fois-ci chez Valéry afin qu’il expérimente aussi la responsabilité que cela représente. Ils sont contents !

 

Pour parler de plus d’intime ! Les enfants malgré les fièvres sont super ! Nos relations avec eux deviennent de plus en plus amicales et ils se souviennent des gens qui passent… Ils sont touchés par notre constance et sont si heureux de faire des choses avec nous ! Jean-Marie a fait des ateliers crêpes avec les plus grands ! Quel succès ! Quel régal ! Nous avons à cette occasion testé un nouveau four à bois économique que nous a vendu l’association des amis de Oissel dont Raymonde fait partie : très bien et très économique. Je l’ai laissé à la disposition de Valéry pour qu’il continue l’expérimentation !

Notre vie ensemble avec Jean-Marie et Jean-Louis a aussi très bien fonctionné ! Jean-Louis a occupé la mezzanine comme un pacha ! Nous nous sommes offert le Hilton 5 que nous avons commencé à redresser (non terminé)  à poursuivre ! Jean-Louis est un super compagnon très drôle et très cool ! Il ne perd jamais son calme !  On a bien rigolé malgré les drames qui se vivaient près de nous. Jean-Marie a aussi été un très bon compagnon même si le matériel lui pose pas mal de problèmes ! 

J’ai apprécié Valéry encore cette fois ! Il s’engage fort auprès de nous ! Il ne ménage pas sa peine et son temps ! Patrice a plus de difficulté pour une relation simple et amicale avec nous.

Raymonde a été une hôtesse vraiment adorable !  Nous avons pris presque tous nos repas ensemble lors de nos passages à Fort-Dauphin ! Elle nous a dépatouillé pas mal de petits problèmes ! Elle sait à qui il faut demander ! Stéphanie est entre de bonnes mains puisqu’il semble qu’elle va occuper les lieux pendant son séjour… sauf peut-être quelques soirs par semaine où elle restera sur le lieu de son travail quand c’est très tard ! Elle cherchait un vélo !

Je suis rentrée avec un « gros bobo » au pied ! J’espère que ça va vite guérir maintenant que je suis dans le propre !

Merci à Jean-Marie et à Jean-Louis de m’avoir permis de vivre ces expériences difficiles avec la légèreté  dont sont capables nos compagnons « les hommes » et qui me manque parfois lorsque mes émotions sont à fleur de peau !

 

 Anne-Marie MIGNET

 

2/SEJOUR A LOKARO DU 15 février au 3 mars 2012

 

Par Jean-Louis RENAUD

 

Notre séjour à Madagascar a débuté par une escale à Tananarive (après un retard de 3 heures pour ne pas changer les habitudes d’Air Mad), pour récupérer une livraison de spiruline auprès de l’association « Espoir pour un enfant » afin de continuer le traitement des enfants contre le déséquilibre alimentaire. Afin d’avoir une autre vision du fonctionnement associatif, nous sommes allés visiter le village du Père Pedro. Rencontre également avec Thiam, un ami de Jean-Marie et Anne-Marie actuellement professeur d’anglais/français qui serait intéressé pour travailler avec nous…

Arrivés à Fort-Dauphin au début du week-end nous avons eu besoin de 3 jours pour organiser :

– les différents achats de  nourriture pour notre séjour à Lokaro,

– l’achat de plantes à la pépinière de la Cascade,

– la mise au point des différents problèmes techniques liés au vidéo-projecteur.

Départ le mardi pour Lokaro après chargement du 4×4… nous nous arrêtons à Mandromodromotra pour l’achat du charbon de bois (pratique et moins cher). Nous arrivons au village après plusieurs traversées en pirogue pour le convoyage du matériel. Jean-Marie et Anne-Marie s’installent au « hilton 5 » et moi dans la mezzanine de l’école.

Les principaux axes de cette mission ont été :

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en continuité de la mission d’octobre, l’élaboration d’un herbier de la flore locale à l’aide de l’ouvrage que Véronique avait laissé dans la bibliothèque de l’école et de la collaboration des enfants ;

– la plantation de 4 arbres fruitiers (letchi, corossol, cœur de bœuf, bibasse).. 3 parrains par arbre vont s’occuper de l’entretien. Nous les protégeons avec des « gaulettes »… Le cœur de bœuf et le corossol ont ét é plantés autour de l’école, le letchi et le bibasse chez Fulgence et Rollande à Vatoroka ;

–   le travail en classe à l’aide de films pédagogiques « monde et nature » sur les insectes, les 5 sens et l’appareil digestif. J’ai laissé des documents pédagogiques à Patrice et Valéry afin qu’ils puissent continuer à travailler sur ces thèmes par la suite ;

– tri du compost en 3 compartiments pour une meilleure décomposition et utilisation ;

 – nous avons également convié tous les habitants des villages pour une projection en extérieur du film « Océans » sur les fonds marins … malheureusement, nous avons eu des problèmes techniques avec l’image (l’humidité était très importante) et la soirée fut un grand « flop » !

 Le dernier jour de ma présence à Lokaro nous avions prévu une journée festive :

–  projection le matin

–  repas offert

–   après-midi sur la plage

La pluie battante nous a quand même permis la projection de films dans l’école malgré les fuites provoquées par le vent au niveau de la faîtière. Tout le monde a bien affronté cette tempête avec « Nemo » et « Charlot et sa révolution industrielle ».

Fevrier2012084Le repas a été assuré comme d’habitude par 2 mamans : les classes sont transformées en cantine pour l’occasion ! Malheureusement l’après-midi (natation, animations récréatives sur la plage) a été annulée « faute de cyclone qui rôde ». 

Les enfants, par leur regard  brillant et leur bonne humeur m’ont comblé de bonheur… Pendant ce séjour beaucoup d’entre eux ont été malades, de la fièvre très souvent due à la malaria.

J’ai pu noter une très bonne entente de notre équipe de 3, ce qui me donne bien sûr l’envie de repartir. Depuis le début le travail réalisé par l’association est énorme mais il est long de mettre en place « les bonnes habitudes » pour que l’école devienne autonome au fil du temps…

Et le jour « J » de mon départ est arrivé… Le 4×4 ne peut pas prendre la route, je rentre à pied en compagnie de Valéry et de Patrice sous une pluie battante… heureusement le vent dans le dos… le cyclone rôde toujours… ça y est nous sommes arrivés !

JEAN-LOUIS RENAUD

 


3/TÉMOIGNAGE DE JEAN-MARIE

Sur la mission de février-mars 2012 à l’école-oasis de Lokaro

Depuis 3 ans que je n’étais pas ve nu à Lokaro, je trouve que les « choses » ont bien évoluées (restons réalistes) sous l’impulsion de l’Association Zanaky Lokaro. L’aide de ses membres et de ses sympatisants-donateurs permet de concrétiser ce rêve que je qualifie aujourd’hui de fou ! Oui rêve de deux vieux fous (Anne-Marie et moi) qui en rencontrent un 3ème de leur âge (Monsieur Jean Mbola) assez fou, lui aussi, pour demander une école, afin que ses enfants et petits-enfants ne soient pas ignorants comme lui et qu’ils sachent lire et écrire….

Ainsi donc, comment un vieil homme de son âge pouvait-il imaginer une toilette sèche ?

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(ici la toilette sèche qui fonctionne toute seule quand on s’en sert…)

Je m’étais mis en tête que Gandhi, n’ayant pas réussi en Inde à imposer des WC, l’incroyable entreprise dans laquelle se lançait l’association, avec Anna et Anne-Marie sur le terrain, méritait au moins d’être totalement dans notre objectif premier : l’éducation des enfants. Les enfants sont toujours prêts à apprendre… tout !

Début 2009 la toilette sèche était terminée (voir diaporama)

En ce début 2012, quelle surprise agréable de voir TOUS les enfants se rendre à la toilette, même en-dehors des heures de classe, et pa rticulièrement ceux du petit village de Lokaro qui les utilisent de manière quotidienne aujourd’hui…

Le plus incroyable, c’est que ce sont les usagers eux-mêmes qui s’occupent maintenant du « curage ».

Hilton5

Voilà ce que j’ai vu comme progrès sur le plan le plus bassement matériel depuis mon poste d’observation le « hilton 5 ».

Sur le plan de la santé de la population de la presqu’île, le problème est plus grave et certainement pas unique dans le monde. En France, une ONG lance aujourd’hui une campagne d’aide aux gens les plus retirés des campagnes afin qu’ils puissent accéder aux soins médicaux..  (Je  viens de cotiser au Secours Populaire Français !!!)

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A Lokaro, le docteur Myriam vient tous les 15 jours prendre soin des enfants de l’école, dans le cadre de l’association Zanaky Lokaro. Elle a été émue par l’immense travail à faire sur le plan de l’éducation à l’hygiène, première règle de bonne santé. J’ai personnellement soigné, tous les jours des enfants pour bobos très infectés… jusqu’à 22 en une matinée, à l’école et au hilton 5 en attendant qu’une véritable infirmerie fonctionne tous les jours si l’on veut vraiment s’occuper de la santé de tous sans distinction.

Bétadine elle est divine Km de pansements 

Le paludisme fait des ravages chez les enfants. 

Sur le plan de la pédagogie proprement dite, nous avons un peu réfléchi « sur le tas » avec les enseignants… (ils ont toute notre estime pour ce qu’ils font). Nous allons soumettre des propositions lors des prochaines rencontres entre les membres. C’est essentiel que toutes les décisions importantes soient soumises à l’avis des membres participants de l’association Zanaky Lokaro.

Pour finir, je dirais que ce séjour m’a été le plus difficile depuis 2006, peut-être parce qu’en 3 ans d’absence j’avais oublié l’insupportable réalité de la misère au quotidien.

Mon seul bonheur dans cette entreprise c’est le sourire des enfants et leur soif d’apprendre.

Quand je prête quelque chose, il m’est rendu 10 fois. Quand je donne, il m’est rendu 100 fois ! Mon expérience personnelle quotidienne depuis de nombreuses années, m’a montré que c’est une réalité et pas seulement une belle parabole !

Merci à Anne-Marie, toujours à la hauteur de la tâche, et à Jean-Louis pour « les choses » nouvelles qu’il nous a apportées : du cinéma GRAND ECRAN entre autres !

« Quand tu feras quelque chose, tu auras contre toi ceux qui voulaient faire la même chose, mais aussi ceux qui voulaient faire le contraire… et l’immense majorité de ceux qui ne font jamais rien » (Confucius)

 

JEAN-MARIE WISNIOWICKI 

Soirée Zanaky-Lokaro – 21 avril à Prémian (Hérault)

Soirée Zanaky-Lokaro – 21 avril à Prémian (Hérault)

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COMPTE Rendu de la séoire du 21 avril 2012 à Prémian 34

L’équipe présente : Marco Mourocq, Geneviève Chauveau, Denis et Véronique Bianchi,
Cecile Meignant, Julia Blagny, Nathalie Dameron, Stephanie Curlier, Catherine Servant, Pierre Chauveau, Pan Erhart, Brigitte Grange, Sylviane Guyon et les jeunes : Youri Bianchi, Julie Legrand,
Clémentine, Mathéo et Luna…
Les artistes invités : Daniel Mourocq, le groupe Beva.
Tout d’abord très gros succès ! je dirai à vue de nez plus qu’une centaine de personne sont venues (si on tient compte qu’elles ne sont pas venues toutes en même temps).

-CONTES : Nous avons commencé (comme d’habitude avec 20 mn de retard) le 1/4 heure occitan comme on dit ici.
La soirée a débuté par une séquence de contes avec Daniel Mourocq (c’est le frère de Marco) les gens sont venus un peu au compte goutte pour finir par remplir la salle (75 pers. au final à peu
près). Un grand merci à lui de nous avoir offert son talents pendant à peu près une heure.

-FILM : Puis le film, la salle était remplie (90 personnes). Julia nous a ému avec sont film et cette émotion était presque palpable
dans la salle. Le public a applaudi chaleureusement. (Denis et moi pensons que ce film traduit parfaitement ce que nous pensons de l’esprit de cette association, je pense que cet avis est bien
partagé).
Après le film nous avons répondu aux questions, nous avons senti un public très à l’écoute et séduit par la taille humaine, la simplicité, l’humanité et l’humilité de la démarche. Beaucoup de
suggestions de la part du public avec une envie de participer.

-EXPOSITION : nous avions préparé la salle pour l’exposition Cecile et moi, les portraits de Cécile ont beaucoup plu (bravo Cecile
c’est très beau), j’avais mis quelque de dessin au trait, on a mis les portraits que les enfants ont fait de nous et des photos en noir et blanc, une table avec de l’artisanat de jonc juste en
expo. C’était vraiment bien.

-REPAS/MUSIQUE : Nous avons ensuite dirigé les gens vers la salle polyvalente où nous attendait le groupe malgache Beva.
Il y avait 100 personnes prévues au repas (artistes et bénévoles compris).
Nous avons mangé un riz-grain-sambo-rougail avec un punch et salade de fruit/biscuit pour terminer.
Bravo aux cuisiniers et au service de table (les ados ont assurés).
Le groupe Beva venu de Montpellier nous ont chanté quelques chants polyphoniques traditionnels puis a animé le bal façon fête moins traditionnelle. Un petit noyaux d’amis nous ont aidé à faire le
nettoyage. On a terminé à 2h30, Marco devait installer la salle pour les élections du lendemain.
Merci aux Bénévoles qui ont été à la hauteur, tout particulièrement à Marco, Pierre, Nath et Denis qui ont fait très fort.

-DONS : Trés bonne surprise de gros donateurs nous accordent leur confiance avec :
Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman des éditions Indigènes qui nous soutiendront pendant 5 ans, et beaucoup d’autres.

-ADHESIONS : Nous avons eue 6 adhésions mais nous avions souhaité les limiter aux adhérents motivés pour l’action pour éviter une
gestion trop lourde.
Nous avons donc orienté les autres vers le dons avec une information régulière sur la vie de l’association.

-OFFRE DE BENEVOLAT : 2 infirmières sont partantes et une pédiatre pour faire une mission. Denis va construire un projet solide qu’il
présentera en juillet.
Plusieurs personnes sont partantes pour partir en mission reste à monter des projets en rapport aux besoins et compétences de chacun.
L’argent n’est donc plus un problème pour imaginer l’avenir, il nous faut bien l’utiliser dans des projets efficaces et intéressants.

La secrétaire Veronique Bianchi

Mission 2012-03 – Reconnaissance projet reboisement

Compte rendu séjour de Stéphanie Culier

Etant déjà partie 2 fois à Madagascar dans les régions du Nord et des Hauts Plateaux et ayant envie d’y retourner avec l’idée cette fois-ci de participer à un projet de reboisement, je suis invitée à participer à la réunion des membres de « Zanaky Lokaro » de Saint Vincent d’Olargues, qui s’est tenue en février dernier. Au cours de la réunion, nous évoquons les projets du potager scolaire et de plantation d’arbres fruitiers qui a d’ailleurs été lancée en 2010 par Anne-Marie et Laurent.

Ce dernier projet m’intéresse plus particulièrement alors je propose de me rendre sur place non pas pour proposer des activités aux enfants mais pour dans un premier temps me rendre compte du contexte général : climat, variétés d’arbres adaptés au lieu, environnement, motivation des enfants et instituteurs face à ce projet,…

J’ai donc profité de ce qu’Anne-Marie et Jean-Marie étaient sur place au mois de mars pour me rendre à Fort-Dauphin à ce moment-là, pour dans un premier temps les rencontrer et découvrir avec eux Lokaro pendant une petite semaine, et dans un second temps profiter de mon séjour, dans l’idée d’un projet plus personnel pour faire un stage dans une pépinière horticole et arboricole et aussi de rencontrer des associations ou ONG qui participent à des actions de reboisement. Cela devrait également me permettre d’obtenir des infos techniques qui me seront utiles pour les plantations à Lokaro.

La petite semaine passée à Lokaro auprès des enfants a été bien chargée. J’ai un peu suivi les cours « très didactiques » de Patrice et Valéry, nous avons fait également des jeux et séances de douches pour les filles avec Anne-Marie ; cela m’a aidé à me rapprocher un peu plus des enfants.

Nous avons donc ensuite fait le tour des plantations effectuées en 2010 et avons été agréablement surpris de constater que les enfants s’en étaient bien occupé, ils se rappellent également du nom des arbres et de la période à laquelle ils pourront récolter les premiers fruits.

Cette balade a permis de rencontrer les parents des enfants et les villageois de Vato-Ro-Ka puisque les arbres ont été plantés aux portes des maisons.

Elle m’a également permis de constater qu’il y a peu d’arbres sur la presqu’île ; peu de fruitiers également (quelques arbres sauvages et cocotiers), peu d’agriculture également, seulement quelques rizières et quelques plants de cucurbitacées.

Il a donc été convenu avec les enfants et les instituteurs de continuer les plantations en novembre ou décembre prochain (facile et peu d’entretien pour commencer), et de faire des fiches techniques que tout le monde pourra consulter au besoin et dans le temps.

Les instituteurs ont également exprimé le désir d’être formés à la plantation de fruitiers. Ils souhaiteraient aussi qu’il y ait un potager scolaire mais auraient besoin de quelqu’un pour le mettre en place et en assurer plus ou moins le suivi.

Tout au long du séjour, nous avons été sollicités sans cesse pour des bobos, maux de tête, …

Nous avons pu administrer quelques dolipranes et faire quelques tests de paludisme laissés par le docteur Myriam mais il fut difficile de répondre à toutes les demandes.

Après le départ d’Anne-Marie et Jean-Marie pour la Réunion, les 5 semaines passées à Fort-Dauphin m’ont permis de rencontrer des personnes passionnées par les plantes et investies dans des actions de reboisement. J’ai donc pu dénicher tout un tas d’informations sur les arbres locaux endémiques ou exotiques, et obtenir des conseils concernant les plantations à Lokaro : malgré le vent et le sol sableux, nous pouvons tenter de planter avocatiers, arbres à pain, litchis, bananiers, cocotiers, manguiers, corossols, jacquiers, cœurs de bœuf…  avec du fumier.

On m’a également parlé du meringua qui est un arbre dont les feuilles seraient riches en protéines et sels minéraux. J’ai pris contact avec l’ONG « AZAFADY » qui a déjà planté un certain nombre de meringuas dans la région de Fort-Dauphin, ils font également des réunions d’information auprès des villageois pour leur en expliquer les vertus et leur montrer comment consommer les feuilles et comment les cuisiner. Je leur ai demandé si une intervention pourrait s’envisager à Lokaro, j’en saurai davantage lors de mon prochain séjour.

D’après certains agriculteurs locaux, il serait possible de développer l’agriculture sur la presqu’île de Lokaro malgré le sol qui n’est pas très riche. La prochaine fois je tenterai d’amener un test de PH du sol pour avoir une meilleure idée des variétés de légumes qui pourraient y être cultivées sans trop de complications.

Ce séjour à Fort-Dauphin m’a permis de rencontrer toutes sortes de personnes et de mieux comprendre le contexte religieux, traditionnel, social, économique et politique local.

Les gens sont très chrétiens et en même temps très attachés à leurs traditions, la région semble avoir été totalement délaissée, abandonnée par les pouvoirs publics depuis très longtemps, la crise politique actuelle renforce les problèmes de chômage. L’exploitation minière « Rio tinto » présente à Fort-Dauphin depuis quelques années a entraîné l’augmentation des prix des produits de première nécessité ainsi que le prix des hôtels, il y a donc actuellement peu de tourisme. La route qui relie Fort-Dauphin à Antananarivo est en très mauvais état et l’acheminement des marchandises rend également les produits plus chers. La situation économique est plutôt désastreuse, peu de travail, aucune université dans la région (la plus proche se trouve à Tulear, 300 ou 400 km, ou à Tana), aucun centre de formation technique ou professionnelle. Les perspectives d’avenir des jeunes sont donc très limitées.

Les jeunes femmes n’ont pas tellement d’information concernant la contraception (le sujet est plutôt tabou et ce même dans les collèges), la religion les conforte dans l’idée qu’un enfant est un cadeau de Dieu et la tradition se rajoutant, elles se retrouvent enceintes avec un petit copain qui n’a la plupart du temps aucune intention d’assurer le rôle de père.

Les jeunes femmes qui n’ont pour la plupart pas été scolarisées ou très peu n’ont pas de perspectives ni pour elles-mêmes ni pour leurs enfants.

Compte tenu de tous ces paramètres, les gens ont du mal à se projeter dans l’avenir.

Dans la région, les hommes pêchent mais le poisson se raréfie. L’agriculture n’est pas très développée à Fort-Dauphin même mais il y a différents cultures aux alentours.

Il me paraît essentiel d’aider les jeunes à survivre dans leur propre environnement (car très peu d’entre eux auront l’opportunité de partir) et il me semble que cela doit passer, en plus de l’éducation et de l’école, par le développement de l’agriculture, de l’arboriculture et du reboisement.

Les enfants, s’ils sont sensibilisés et formés, pourront à la fois se nourrir et en faire leur métier ; certains d’entre eux pourront peut- être nourrir leur familles.

Pour conclure, ce séjour m’a à la fois attristée car la situation de la région n’est vraiment pas terrible et les gens sont à tous les niveaux en grande difficulté, et pourtant les sourires et la bonne humeur sont au rendez-vous ! et à la fois motivée à contribuer à mon échelle à trouver des pistes pour améliorer l’avenir.

Petit bémol : Lokaro est très difficile d’accès, le seul moyen de transporter du matériel est de louer un 4×4, cela se complique encore durant la saison des pluies et le trajet représente une certaine organisation et un certain coût. (40 à 50 € le trajet).

SC