VINGT-DEUXIEME MISSION D’ANNE-MARIE

(du 21 août au 18 septembre 2012)

 

Un peu prétentieux peut-être était ce projet écrit et proposé que vous avez tous certainement découvert dans le blog de l’association dès le mois d’août !

Comme tout projet que nous faisons à distance et hors contexte il s’agit toujours de se mettre à l’écoute de se qui se présente et qui est réalisable dans l’ici et maintenant.

Cependant, j’ai eu raison de faire confiance à notre bonne étoile puisque nous nous sommes retrouvés une équipe de 4 pour mener à bien ce projet auquel tous ont adhéré et je les en remercie vivement ! Je vous présente donc mes co-équipiers de ce séjour qui fut vraiment très chouette !

         Olivier, un « woofer » rencontré à la Réunion qui avait été séduit par le film lors d’une projection chez nous à « l’arbre sans fin » : il connaît Madagascar puisqu’il y a déjà fait 3 séjours et a déjà participé à des actions dont il pourra parler lui-même. Il décide de partir pour 3 mois à Madagascar et de commencer son séjour par une aide au chantier prévu pour Zanaky Lokaro : il est arrivé le 28 août et prolonge son séjour à Lokaro d’une semaine après mon départ.

        Eric Lechevallier, menuisier à la Réunion et son frère Gilles, infirmier en Bretagne nous rejoignent le 7 septembre ils repartiront le 18 septembre. Ils nous ont donné à voir et à vivre une si belle fraternité que nous nous sommes sentis tous en famille autour de ce chantier. Gilles étant alternativement infirmier et menuisier lorsqu’il n’avait plus de soins à donner.

 

Le chantier de fermeture de la mezzanine commence le mardi 4 septembre. Le plus difficile dans ce genre de projet est toujours l’acheminement du bois de Fort-Dauphin à Lokaro. Cela commence par la disparition du bois chez Lucien notre menuisier de Fort-Dauphin : il est parti en vacances et n’ayant pas donné d’information à son frère qui gère l’atelier en son absence le bois a été utilisé pour d’autres commandes. Il faut refaire la commande et nous n’aurons la totalité du bois que le vendredi 31 août. Départ pour Lokaro le dimanche 2 septembre : nous mettrons 2 jours pour faire la route ! C’est la première fois que nous aurons à nous prévoir un hébergement en route vers Lokaro… Une aventure que nous vivons avec légèreté et qui nous permet de prendre une autre mesure du temps et des échéances… (pour la petite histoire 2 crevaisons sans roue de secours avec 2 retours sur Fort-Dauphin du chauffeur pour que nous arrivions enfin à destination). Heureusement que nous connaissons beaucoup de monde sur la route, nous sommes hébergés dans une chambre avec lits et moustiquaires presque tout confort ! Merci à Gervais et à sa famille…

 

Le mardi, les ouvriers sont là : Valéry, les plus grands de nos élèves et des anciens élèves sont là… Nous décidons de travailler en matinée de 8 heures à 13 heures et de garder nos après-midi pour d’autres activités avec eux. Nous demandons à Eric et Gilles de nous rapporter du riz afin que nous puissions envisager de prendre nos repas tous ensemble ! Nous avons fait avec eux des festins de riz et de légumes, quelquefois des crevettes, du poisson… Ils ont très bon appétit et rien ne résiste à leur faim insatiable…

Je vous laisse découvrir sur les photos le plaisir qu’ils ont eu à travailler pour l’amélioration de leur école. Lorsque je pars le dimanche 16 septembre de Lokaro le chantier est terminé ! 12 jours !

Je me suis totalement déchargée du chantier sur « les garçons » et c’était bien agréable de pouvoir ouvrir l’atelier de couture avec quelques filles demandeuses…atelier qui attirait systématiquement les garçons lorsqu’ils étaient fatigués du chantier-bois… Les garçons adorent broder et je prends note que je dois ramener du fil à broder, des aiguilles et quelques bricoles qui manquent. Nous démarrons avec 5 filles la couture d’une jupe portefeuille que je taille et j’accompagne la réalisation au plus près afin qu’elles apprennent à coudre dans « les règles de l’art »… nous décousons lorsque le travail n’est pas correct… elles sont très patientes et sont contentes de voir le résultat très bien fini. Il y a beaucoup de demandes de la part des autres filles mais je ne veux pas commencer quelque chose que nous n’aurions pas le temps de finir. Je dois aussi accompagner les « hommes » pour une certaine logistique à laquelle ils ne sont pas habitués. Tout ça dans une légèreté vraiment très agréable. Pas de stress pour terminer, nous savons que ce sera fait à temps. Nous avons même réussi à démarrer un aménagement de nouveaux rangements à l’étage supérieur des fermes de la charpente afin que Valéry puisse avoir tout l’espace au sol disponible !

 

J’ai profité des 11 jours à Fort-Dauphin pour m’occuper des autres aspects du projet :

1/ contact avec Mr Murcia du Port d’Ehoala (pour mise à disposition d’un véhicule pour Myriam)

2/ l’eau dans la cour de l’école (ONG AZAFADY)

3/ la possibilité d’une ouverture de classe à Vatoroka (CISCO)

 

1/Mr Murcia attendait mon appel : il avait consulté notre blog et savait que nous allions le solliciter : il m’a renvoyée vers l’ONG CIELO TERRA et vers les loueurs de véhicules de Fort-Dauphin. Cielo Terra nous propose un transport jusqu’à Evatra donc Myriam devrait marcher à pied de Evatra à Lokaro ce qui n’est pas jouable sur une journée d’intervention.. ou bien de lui prêter une moto ! Donc rien de nouveau pour l’instant sur ce projet que nous allons continuer comme l’an dernier…

J’ai eu le bonheur de revoir Lizo avec sa belle cicatrice sur le front à la lisière des cheveux (pour rappel Lizo s’était fait un scalp lors d’une chute)… La maman est venue nous offrir un kilo de crevettes et 2 noix de coco pour nous remercier. J’ai félicité Myriam et Valéry pour leur rapidité d’intervention.

Je laisse à Gilles le soin de faire son compte-rendu de mission pour ce qui est de la santé des enfants de l’école.

Nous restons conscients que la plupart des enfants sont malnutris et que leur santé globale en dépend. Cela prendra du temps avant que nous puissions modifier la donne en ce qui concerne la nourriture de ces enfants… Apprendre à cultiver autre chose que du manioc dans un potager scolaire est toujours un objectif à atteindre avec un accompagnement… Nous comptons sur Stéphanie pour faire naître cette envie de planter… des arbres… et de les soigner pour qu’ils portent des fruits.

 

2/C’est pour cela que nous nous sommes rapprochés de l’ONG AZAFADY avec laquelle nous avons déjà travaillé puisque c’est elle qui nous a aidé à finaliser le puits. En discutant avec Lomba le technicien nous nous sommes intérrogés sur la possibilité qu’il y aurait de non pas creuser un autre puits mais plutôt de remonter l’eau dans une réserve qui serait plus proche de l’école. Le dénivelé n’est pas très important et nous comptions faire un essai pendant notre séjour : Lomba a été malade et n’a pas pu venir. Je suis repassée les voir à mon retour avant de reprendre l’avion mais je n’arrive pas à savoir si nous pouvons ou non compter sur eux ! Je me demande si nous n’allons pas expérimenter seuls cette possibilité. Je leur ai demandé de nous donner une réponse sur leur possibilité de nous aider qu’elle soit positive ou négative afin que nous sachions s’il est bon d’attendre ! En regardant mes notes je me rends compte qu’il y a un an déjà que j’ai pris contact pour ce projet ! J’aurai un échange avec Stéphanie pour lui en parler et voir si elle peut le faire avancer.

 

3/Ma rencontre avec le chef CISCO (équivalent de nos inspecteurs de l’Education Nationale) a été surprenante. Lorsque je lui ai remis la lettre signée par les représentants de parents d’élèves, le chef du Fokontany, le chef ZAP (conseiller pédagogique de la zone) et l’instituteur de l’école de Vatoroka il me signifie tout de suite son accord ! Je lui demande une rencontre avec tous les partenaires afin de signer une convention début octobre lors de mon retour pour accompagner la rentrée des classes à Lokaro. A suivre donc… mais nous ne sommes pas dans l’urgence les élèves de T4 de l’an dernier seront scolarisés à Itapera dans la classe de Monsieur Fiandria qui est très content d’accueillir les bons élèves de l’école Zanaky Lokaro. Au revoir à tous les T4, ils seront toujours bienvenus lorsqu’ils auront envie de nous revoir et de participer aux activités que nous proposons à l’école. Nous les incluons dans le projet santé de Myriam et dans le projet plantation de Stéphanie. Ils vont nous manquer ! Nous prenons aussi l’engagement de les équiper pour leur matériel scolaire de l’année. Ils sont 27 sortants dont 6 filles… Flavina ne fera pas sa classe de T5 elle se marie. Nous avons parlé de ce problème d’âge avec Monsieur Patrice et nous constatons que nous devons rapidement arriver à une école qui reçoit les élèves de 6 à 12 ans afin que les filles sortent plus tôt pour une éventuelle entrée en 6e au collège… le changement est déjà là puisque les enfants entrant en classe de T1 (apprentissage de lecture) ont 6 ans. Nous avançons progressivement vers des classes d’âge d’enfants qui correspondent à l’âge de l’école primaire.

Nous avons fait 2 réunions avec parents et enfants :

              les T5 sortants et la mise en pratique des parrainages : inscription dans un établissement scolaire secondaire et ouverture d’un compte bancaire à la FIVOY. Ils sont tous reçus au C.E.P.E. : Sigasy est premier de la circonscription et Fliastre est second. Bravo à tous !

              Les T4 et la poursuite de leur scolarité à Itapera en attendant que Zanaky Lokaro puisse mettre en place autre chose mais est-ce souhaitable ? Ne vaut-il pas mieux travailler de concert avec les 2 autres écoles de la presqu’île ?

Les 2 rencontres ont été intéressantes et je constate un intérêt des enfants et de leurs parents pour la suite de la scolarité.

La fait de réunir les enfants et leurs parents me semble très judicieux : certains enfants ont réussi à poser des questions très ciblées sur le côté pratique de leur nouvelle vie. Merci à Sam et à Raymonde de nous avoir suggéré cette solution : lorsque les jeunes entendent la parole des adultes ils sont attentifs et les adultes sont plus posés dans leurs propos. Si une classe devait être ouverte à Vatoroka ne faudrait-il pas s’orienter vers une classe pré-scolaire ? Monsieur Maurice de Vatoroka (conseiller municipal) s’engage à prendre contact avec la mairie de  Mandromodromotra pour une rencontre afin de parler de l’entretien du local (gouttière – toilettes – réserve d’eau).

 

Je laisse de côté le sujet du point d’eau dans la cour de l’école… aux dernières nouvelles l’ONG AZAFADY se serait engagée sur un deuxième puits dans la cour de l’école.

 

Je m’arrête là et je vous invite à compléter votre information par les compte-rendus d’Eric et de Gilles.(bientôt en ligne)

 

Un séjour très positif et il est toujours difficile d’y mettre un terme. Je prends l’engagement de revenir pour aider à la rentrée scolaire début octobre.

 

Anne-Marie MIGNET