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PROJET DE MISSION Zanaky-Lokaro en MARS 2016
(Anne-Marie MIGNET)
J’ai quitté Lokaro en juillet 2015. Il n’y a pas eu cette année d’accompagnement de rentrée scolaire. Elisabeth est allée donner une formation FLE aux enseignants sur une semaine à Lokaro. Notre objectif actuel est d’amener l’équipe éducative et administrative à de plus en plus d’autonomie dans les prises de décisions concernant la bonne marche de l’école.
Nous avons énoncé que « ce que nous voulons pour nos enfants nous le voulons pour tous les enfants du monde » comment y répondre en sauvegardant cette juste autonomie qui leur revient sans oublier pour autant la fraternité qui nous relie.
Le bureau, avec Prisca comme secrétaire est ouvert et opérationnel. Nous accompagnons de loin avec une liaison « SKYPE » hebdomadaire. Cette ouverture a pu être possible l’an dernier grâce à un soutien de AG2R. Cette année leur soutien sera ramené aux 2/5e de la charge globale que représente le bureau. Il nous appartient de re-négocier et de re-réfléchir à notre organisation-bureau afin de le pérenniser pour les années à venir : il représente pour le moment une charge fixe trop lourde et nous devons trouver une formule plus légère.
Ma mission va s’orienter sur 2 plans :
Etude de ré-organisation du bureau et formation du personnel
1 – Ré-organisation du bureau :
a) il s’agira de réduire la charge locative en re-négociant avec le Mahavoky ou trouver un autre lieu (autres associations – écoles privées…. qui pourraient mettre un local à notre dispostion)
b) je continuerai également à chercher une personne de confiance pour les signatures de chèques et des documents comptables, Raymonde n’étant pas là toute l’année et moi non plus ! C’est une recherche que nous faisons depuis maintenant 10 ans !
c) redistribution des responsabilités : secrétariat – direction d’école – comptabilité….. qui fait quoi et qui prend les décisions pour quoi ? (ce (c) sera abordé lors de la formation du personnel)
2 – Formation du personnel
a) état des lieux de l’association Zanaky Lokaro/France : pourquoi nous ne pouvons plus venir aussi facilement (AIRMAD qui nous rend les voyages impossibles par ses annulations de vols et ses tarifs exorbitants)
b) informations sur l’Etat planétaire : Europe et reste du Monde (les inciter à s’informer en permanence sur ce qui se passe dans le monde)
c) apprendre à communiquer :
– donner des nouvelles : comment ? lesquelles ?
– écrire un article de journal ou un compte-rendu
– lister les tâches à faire : apprendre à faire une liste
d) le suivi des élèves sortants : orientation vers le collège ou vers l’apprentissage (trouver des formations possibles à Fort-Dauphin)
Aller vers une autonomie progressive
Accompagner sans abandonner
Faire de nos missions des moments de partage avec les enfants et les adultes dans un plaisir partagé.
Un séjour où je devais être accompagnée d’une autre personne de l’association et que je vais faire seule.
La première semaine jusqu’aux vacances de Pâques se passera à Lokaro avec les enfants et les maîtres en partageant leurs activités quotidiennes sans projet particulier sauf si les enfants ont des désirs spécifiques pour cette période (penser à leur demander)
Le reste du séjour se passera surtout à Fort-Dauphin pour toute la partie contacts et formation afin de répondre aux propostitions de la mission.
Anne-Marie Mignet
Après une longue gestation voici enfin le CR de notre AG 2015 veuillez nous excusez du retard.
Assemblée Générale – bilan 2014-2015
week end des 5 et 6 septembre 2015 Hameau de Cousses dans l’Hérault
Samedi 5 septembre
Membres présent(e)s :
Bernardot Vince, BIANCHI Véronique et Denis, Boissée Mathieu, Braux Odile, Chauveau Geneviève et Marco, Chauveau Marcelle, Chauveau Claude et Josiane, Culier Stéphanie, Cyrille Lucile, Dinard Thierry, Grayon Raymonde, GRZESAK Geneviève, Houlez Catherine, Le Deun Elisabeth, Mas Marielle, Meignant Cécile, Mignet Anne-Marie, Mignet Mariette, Musard Rémi et Roseline, Philidet Françoise, Platret Marc, Ranjamino Fara, Roux Jean-François, Salvo Maryse, Trichet Patrick.
Introduction de la Présidente qui remercie tous les participants à cette AG d’avoir permis cette rencontre pour les 10 ans de l’Association Zanaky Lokaro.
Véronique annonce ouverte la séance et nous invite à nous reporter au programme distribué. La clôture de l’AG aura lieu à 13H dimanche.
Marc est modérateur donne la parole à Anne-Marie.
Cette année les élèves de T4 ont passé le CEPE sans effectuer de T5.
Deux ex élèves de ZL ont passé le BEPC mais ne l’ont pas eu.
R : on s’est posé la question du nombre de grands ados en fin de cycle et on s’est demandé pourquoi. Les instits font volontiers redoubler mais on a élaboré de nouveaux statuts avec des limites d’âge. Avant, certains élèves passaient trois années dans le même niveau mais maintenant, on n’aura plus le droit à plus de deux redoublements par cycle.
AM : les enfants arrivent à l’école à 6 ans mais s’ils redoublent chaque année, ils en sortent à 15 ans, ce qui est trop tard et pose des pbs pédagogiques.
A Lokaro, les instits sont très réfractaires au changement de leurs habitudes. A St Pons (dans l’Hérault), c’est pareil !!, il faut donc donner des recettes clé en mains.
On ne sait toujours pas si la langue d’enseignement à Mada est le Malgache ou le Français.
Exposé du projet de Mathieu et Thierry qui, après leur rencontre avec Marco Marmorat dans une école de commerce, montent un projet d’électrification du site de Lokaro et vont récolter les fonds (budget de 8000 euros environ). Ils seront 5 à 6 à porter ce projet.
Question : des gens vont-ils être formés sur place à l’entretien de tout ce réseau ? Les porteurs du projet comptent se rendre à Lokaro en septembre, ils serait bien que quelqu’un de l’association les accompagne.
Comme le Dr Myriam va nous quitter, on n’aura plus de médecin sur place mais Valery prendra le relais et il lui faudra libérer du temps en le suppléant en classe.
Roselyne parle de quatre parents d’élèves bien informés au plan médical, sur l’hygiène et la prévention.
Denis pense que ce n’est pas à l’école de dispenser à toute la presqu’île une formation sanitaire, notre objectif étant les enfants de l’école.
Une demande des élèves : se laver de façon autonome. On a essayé de mettre en place des séances de douche et de shampoing avec de plus en plus de demandes des élèves.
Roselyne constate que sur cette presqu’île, il n’y a aucun endroit pour se laver en toute intimité.
Toute toilette se fait au vu de tous ! L’idée serait de remonter l’eau à proximité de l’école afin de permettre aux élèves de se doucher.
Point + = une dizaine d’arbres a été plantée au niveau de l’école et une centaine d’arbres plantée près des cases. Le bilan aujourd’hui est certainement inférieur aux prévisions. Personne n’a été formé sur place pour soigner les arbres et pas de référent sur place. On a constaté que Sylviane manquait des compétences requises pour entretenir les plantations et il a été décidé de suspendre provisoirement à ce projet.
L’objectif, à présent, serait de former nos élèves en les emmenant dans des pépinières environnantes et en leur permettant de voir des maraîchers au travail.
L’électrification de l’école est prévue en juin 2016 mais dépendra du nombre de participants au projet.
Projet de création d’un livre de contes avec l’association Dodovole, en français et en malgache. Ce sont de très beaux livres, très lourds mais le pb qui se pose est le transport de 90 livres de France à Fort Do et l’investissement initial de 3000 euros ! Nous décidons de reflechir encore sur ce projet très lourd.
Fara reparle du carnet de rencontres destiné à faire le lien entre les populations de Lokaro et les bénévoles de l’Association. On construira le livres avec beaucoup de dessins et d’illustrations et on le traduira en malgache.
On constate que les parents sont de plus en plus concernés par ce qui se passe à l’école et ils s’investissent de diverses manières.
Au début, les réunions de parents d’élèves se faisaient avec les papas car on s’occupait surtout de l’extérieur de l’école mais progressivement, elles sont devenues le pré carré des mamans.
On n’a toujours pas la pirogue qui a été commandée mais pas payée. Ce sont les instituteurs qui gèrent…Pbs des déplacements en 4/4 car la piste est de plus en plus catastrophique : on met 4H30 pour couvrir les 35 kms de Fort Do à Lokaro. Les instits ont demandé un vélo et on le leur a promis à condition qu’ils s’engagent au moins trois ans avec nous. L’asso paye l’apport initial et eux remboursent avec un micro crédit.
Le local-bureau est opérationnel à Fort Dauphin ainsi que Prisca, la secrétaire, et M.Marcel, le comptable.
Il faudrait redynamiser le groupe de la Réunion.
Les parrainages restent lourds à gérer. Ce sont les familles des enfants qui reçoivent les 15€ mensuels et les redistribuent ensuite aux familles d’accueil. Pour chaques enfants parrainés les liens avec les parrains et marraines sont au moins aussi importants que l’argent qu’on envoie.
Véro demande aux parrains et marraines que le paiement soit effectué en totalité sur 10 mois, dès la rentrée scolaire d’octobre, soit mensualisépour alléger la gestion.
Véro demande que les gens s’informent de la vie de l’association sur le blog, car elle prends le temps de le mettre à jour. Il faut essayer de plus en plus de communiquer les infos générales par mail car c’est pratique et économique. Attention de communiquer les changement de mail. Il faut refaire des opérations de pub, passer le film, parler de l’Asso autour de nous pour susciter des intérêts et des adhésions.
Mariette : demande-t-on la même sommes aux sponsors pour la pérénisation du bureau de Fort Do ? R. nous allons faire un dossier d’évaluation des besoins et préparer le dossier de demande.
Vote de l’aceptation du bilan 2014/2015/projet 2015-2016 :
11 procurations à ajouter aux 26 votes des présents (à l’unanimité).
L’économie malgache est en très mauvais état, le dernier taux de change consulté étant de 3700 ariarys pour 1€.
Vote du Compte de résultat OUI à unanimité pour + les 11 procurations.
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Dimanche 6 septembre
9H20, début de séance
Membres présent(e)s :
Bianchi Véronique et Denis, Braux Odile, Chauveau Geneviève et Marco, Chauveau Marcelle, Chauveau Claude et Josiane, Culier Stéphanie, Grayon Raymonde, Grzesak Geneviève, Houlez Catherine, Le Deun Elisabeth, Mas Marielle, Mignet Anne-Marie, Mignet Mariette, Grzesak Roseline, Philidet Françoise, Platret Marc, Ranjamino Fara, Roux Jean-François, Salvo Maryse, Trichet Patrick.
Présentation mutuelle et compte rendu rapide de la journée d’hier pour Raymonde qui est arrivée ce matin.
Témoignages de personnes qui sont allées à Lokaro cette année 2014-2015, sauf Sylviane qui est à la Réunion.
Raymonde : toute ma famille est originaire de Fort Dauphin. J’ai vécu là-bas jusqu’à l’âge de 20 ans. Je me suis mariée et j’ai eu deux fils. J’ai passé 40 ans en France et je suis revenue à Fort Dauphin où j’habite actuellement. Anne-Marie précise que la présence de Raymonde a été très importante pour l’Association car elle a assumé la comptabilité avec elle pendant très longtemps. Et elle a accueilli nombre d’adhérents dans sa maison assortie d’un bungalow rez de jardin très confortable.
Denis : 3e mission à Lokaro que j’ai vécue comme une « parenthèse enchantée », des moments de joie de se retrouver avec un groupe au relationnel très riche, la découverte de nouveaux aspects de la vie de l’île. Au début centré sur l’école, j’ai découvert les alentours mais les relations avec les adultes ne sont pas faciles en raison de la barrière de la langue. Dans le vécu, c’est ce qui est difficile c’est le positionnement théorique, les idées reçues et ,avec les adultes, les situations sont souvent compliquées, impression que je n’ai pas avec les enfants.
Les seuls moments difficiles : une querelle de parents à l’encorttre d’Anne-Marie pour des pbs de fric et un malentendu avec un instituteur.
Jean-François : j’ai constaté des rapports très complexes dans la société malgache.
Véro : beaucoup dans l’émotion la première fois mais pour moi, ce ne sont pas des vacances, même si j’éprouve un grand plaisir. Quand on traverse un pays, on observe mais sans forcément comprendre et s’investir et ce qui m’intéresse à Lokaro, c’est de comprendre en profondeur. J’ai eu l’impression qu’on était très centrés sur l’école et qu’on était posés là sans rapports avec les voisins qui ne comprenaient pas non plus qui nous sommes et ce que nous faisons là.
Avec le carnet de rencontres mené avec Fara, je suis allée à la rencontre des gens de la presqu’île pour communiquer et échanger avec les habitants. La barrière de la langue et de la culture fait que l’on est dans des quiproquos permanents. Mais ce projet fait partie de ma vie et je ne peux plus m’en passer. J’ai fait un stage d’anthropologie il y a quelques années et c’est ce qui m’a donné envie de développer ce volet là à Lokaro et d’aprofondir cette rencontre pour être mieux armée pour comprendre.
Patrick : j’ai compris que l’école était un espace privilégié et je n’ai eu de contact qu’avec les enfants que j’ai photographiés, au début figés et posant, mais beaucoup plus détendus la troisième fois.
Ils sont manifestement heureux de fréquenter l’école qui est une réalisation magnifique en pleine broussse et qui a évolué remarquablement en quelques années.
J’ai été marqué par les rapports entre instits et enfants où une mauvaise réponse au tableau n’entraîne aucune dévalorisation de l’élève, aucun jugement négatif. J’ai été gêné par la barrière de la langue dans la discussion avec les maîtres. J’ai raisonné avec mes critères et mon histoire mais en y réfléchissant, je me rends compte qu’eux aussi ont leur histoire et leur logique.
Fara : 1re mission à Lokaro avec AM, Denis Véro et Patrick et je me demandais comment les adultes allaient m’accueillir, moi qui reviens 20 ans après au pays et j’appréhendais la manière dont je serais reçue. Au début, les gens me prenaient pour une interprète salariée de l’association mais quand ils ont compris que j’étais une adhérente et la compagne de Patrick, ils ont été beaucoup plus ouverts et proches de moi. J’ai senti la reconnaissance des parents par rapport à l’asso mais aussi la rancoeur d’autres et leur colère parce que leurs enfants n’étaient pas parrainés. Cela m’a gênée ainsi que la réponse d’une fillette à la question : Que veux tu faire comme métier plus tard ? « – Je veux épouser un Wasa. Je lui ai juste dit que ce n’était pas un métier mais je veux retourner à Lokaro pour en discuter avec elle.
J’ai préparé pour les enfants le dossier MALALA et je me suis posé la question de savoir si le message était passé, à savoir ce combat acharné d’une jeune fille pour obtenir la scolarisation des fillettes dans son pays. Sans doute étais-je loin de leurs préoccupations immédiates mais une réponse de Rolande m’a touchée : « Je veux faire Bac + 2 » car entendre ça à Lokaro, c’est vraiment très fort. Cette mission m’a apporté beaucoup de plaisir et m’a touchée. C’étaient tout de même des vacances avec notre fils qui a réalisé la situation privilégiée des lycéens en France.
Au plan des conditions matérielles, j’avais emporté des compotes et du lait pour mon fils de 16 ans qui n’a manqué de rien et le camping sous tente n’a posé aucun pb. On a été réveillés par les coqs et les oies et les élèves arrivent à 7h.
Au plan du carnet de rencontres, j’ai senti beaucoup d’élan de la part des parents, contents que je sois là pour faire passer un message et en profiter pour se montrer à leur avantage. Je devais être solide et m’en tenir à l’interview, même quand le père d’un enfant très malade m’a fait comprendre, hors association, qu’il y avait urgence à le soigner. Humainement, c’est très dur de ne pas répondre à toutes leurs demandes et de ne pas résoudre tous leurs problèmes.
Raymonde : On a un gros pb à Fort Do c’est que nombre de jeunes filles ne font plus rien à l’école car elles attendent le Wasa qui va les sauver et quand on veut les aider à améliorer leur quotidien, elles disent qu’on vient d’ailleurs et qu’on ne peut pas comprendre leurs pbs. Il faut éviter de se laisser déborder car les gens demandent aussi qu’on fasse tout pour eux. Tu es blanc, tu as de l’argent, tu peux tout faire ! Aux plans de la santé et de l’éducation, il y a du boulot.
Maryse : les enfants ne sont pas conditionnés de la même manière que les adultes et on peut espérer qu’à leur tour, ils éduqueront les parents. Après nos séjours en Afrique, on s’est aperçus que l’éduction passait par l’agriculture et ce que vous faitres à Lokaro est magnifique.
Fara : ma famille ne comprend pas pourquoi je m’occupe des enfants de Lokaro au lieu de m’occuper de ceux de leur vilage.
Raymonde : c’est là qu’est l’avenir, dans l’action de petites associations qui sont implantées à Mada et qui aident à la scolarité des enfants pour que le niveau s’élève et que les jeunes épousent d’autres mentalités.
Roseline : 2e séjour plus facile que le précédent où on était un très petit groupe d’intervenantes et où on a pu rencontrer les parents d’élèves, présents à 99 % aux réunions et posant de bonnes questions. J’ai trouvé les adultes hyper responsables. La 1ère semaine, on a parlé de l’alimentation et de la diversité des régimes, attendu que manioc et riz ne suffisant pas ,et la 2ème semaine, on a parlé d’éducation sexuelle. On a fait des groupes d’adultes, de femmes et d’hommes, et je me suis trouvée de plain pied avec eux, on est sur la même planète et on a les mêmes préoccupations avec la même variété de comportements par rapport à leurs enfants : ceux qui échangent bien, ceux qui sont bloqués, ceux qui se sentent concernés par l’avenir de leurs enfants et ceux qui s’en foutent royalement. En fait, il faut arriver avec un contrat clair et une mission bien déterminée.
La question qui se pose c’est : comment on va faire passer ce qu’on a à leur apporter pour ne pas faire d’impair.
Geneviève G. : 1er séjour là-bas, émerveillée par le cadre et rassurée par les premières réunions que nous avons organisées et les séances sur la contraception. Trois papas ont été très intéressés et on a proposé à la sage-femme et au médecin de Mandromadroma de s’associer à nous. Vivre un mois à Lokaro m’a procuré beaucoup de bonheur.
Roseline : Mme Hélénette est agent de santé sur la presqu’île et elle peut donner des plaquettes et des préservatifs.
Geneviève G. Les femmes nous ont parlé de leur accouchement et des trois mois qui lui succèdent où elles n’ont pas le droit de sortir d’une pièce surchauffée où lon épargne les courants d’air à la maman et au nouveau-né.
Anne-Marie : J’ai passé toute l’année là-bas et comme c’était les 10 ans de l’Asso, j’ai eu envie de clore un cycle pour essayer de m’intégrer un peu plus dans la vie des gens de la presqu’île. L’intérêt, c’est d’y aller avec des objectifs simples et pas trop prétentieux. J’ai appris à lâcher prise et à me contenter d’être là plutôt que faire. Je voulais travailler avec les petirs sur l’apprentissage de la lecture et me suis rendu compte que le malgache était une langue facile pour apprendre à lire.
Mon 2e objectif était l’autonomie des apprentissages car l’enseignement reste très directif.
Mon 3e objectif était l’ouverture d’un bureau à Fort Dauphin, ce qui m’a pris beaucoup de temps.
L’expérience de ma solitude à Lokaro m’a fait réaliser que je n’étais pas « semblable » car les maîtres vivent beaucoup sur des habitudes immuables, le jour on vit et la nuit on dort. Comme le jour tombe à 17H30, les soirées sont longues, sauf si on a de quoi s’éclairer. J’ai eu beaucoup de mal avec cette routine. Le matin, le jour se lève à 5H30 et on se réveille à ce moment là. Mais je n’ai pas eu d’angoisse car dès qu’on est debout, on n’a plus aucune intimité car on est toujours AVEC.
J’ai renoncé à mettre un rideau à ma porte et j’ai réussi à faire la sieste dans un hamac avec les enfants jouant à la marelle à côté. Par moments, j’ai pu avoir internet à Lokaro et mes relations avec les enfants ont toujours été gratifiantes. Avec les maîtres, ce n’a pas été toujours évident car, eu égard à leurs routines, ils ne sont pas très ouverts aux changements au plan pédagogique.
Ce qui est important pour moi, c’est la joie des enfants qui viennent à Lokaro car ils sont là pour jouer ensemble dans l’espace autour de l’école.
Je suis contente d’avoir eu cette expérience très riche qui m’a permis de découvrir des choses que je n’avais pas vues avant. Mais je ne la renouvellerai pas car il n’est pas évident d’être seule.
Je n’ai pas eu de retours particuliers de la part des parents.
J’avais la lumière le soir et l’électricité pour mon ordinateur donc je pouvais lire et écrire. Sur un disque dur, j’avais des documents intéressants chargés par Denis et Véro.
Jean-Fançois : il est curieux de constater que les enfants sont ouverts et dynamiques mais que les adultes sont réfractaires aux changements.
Anne-Marie : on a constaté que la résistance aux changements s’exprime dès que les formateurs/trices sont parti(e)s. Après la formation, ils appliquent un moment les méthodes reçues puis reviennent à leurs anciennes habitudes. Ils expliquent cette inertie par le fait qu’ils ont des classes à plusieurs niveaux et que c’est plus difficile.
Débat :
« Comment les peuples qui perdent leurs repères naturels et culturels perdent aussi leurs valeurs sociales ».
En cours de résumé
Assemblée Générale 2015
Association Zanaky-Lokaro
W-E du samedi et dimanche 05/06 septembre
Dans le gîte de Maryse et Jean-François Salvo-Roux
Hameau des Cousses – 34220 Rieussec
(Hérault – Haut-Languedoc)
—————————————————————————————
Ordre du jour :
Samedi 05 septembre 2015 – matin
9h : DÉBUT DE L’AG accompagnée du petit-déjeuner de bienvenue
12h : fin de la première partie, pique-nique sorti du sac et balade ou repos l’après-midi.
Dimanche 06 septembre 2015 – matin
• 9h : début de séance
12h : CLOTURE DE L’AG – Repas convivial
—————————————————————————————
îte de séjour de 14 pers. et plus avec tentes. C’est dans le Parc du Haut Languedoc, en pleine nature, à 650m.
Nous enverrons les détails sur l’organisation et l’ordre du jour dès que possible mais vous pouvez dès à présent nous dire si vous serez présent à Veronique qui centralise
Pour le situer :https://goo.gl/maps/y60WO
INFOS PRATIQUES AG 2015
A propos de l’hébergement :
le WE se déroule au gîte de Maryse et Jean-François « Gîte Res’Cousses » 14 couchages, on peut camper. Prévoir les draps. Accueil dès le vendredi soir, jusqu’au dimanche Après-midi.
A propos de la restauration :
Vendredi 04 sept soir : soupe-tartines préparés par les bénévoles.
Samedi matin : petit-déjeuner préparés par les bénévoles.
Samedi midi : pique-nique sorti du sac de chacun, prévoyez d’amenez vos spécialités solides et liquides.
Samedi soir : plat cuisiné préparé par les bénévoles.
Dimanche midi : pique-nique (composé des restes).
(participation au frais réels pour les repas du soir +- 5€/repas)
Merci de répondre rapidement et au plus tard le 15 août pour l’organisation du couchage et les repas du soir.
zanaky.lokaro.metropole@gmail.com
ou 04 67 97 84 09
Sommaire
1re Partie : Compte-rendu de Roseline
2e partie : compte rendu de Geneviève
3e partie : Note sur l’interprète Laure par Anne-Marie
4e partie : diaporama
_____________________________________
Intervenante :
Geneviève, sage-femme,
Roseline, infirmière,
Laure, interprète
Anne Marie étant sur place durant l’année, nous a facilité la tache, en informant les trois instituteurs de notre projet.
Prisca la nouvelle secrétaire de l’association , n’a pas pu se joindre à nous en tant qu’interprète, elle avait un décès dans sa famille, elle nous a donc conseillé Laure, qui a un excellent niveau de français.
Trois thèmes ont été retenus
1/ Le premier a pour objectif d’établir un lien entre l’alimentation, la santé, et les plantations.
2/ l’anatomie physiologie de l’homme, de la femme, la contraception et la prévention des IST
3/ l’allaitement et l’hygiène des bébés.
Les moyens
1) Impressions de photos couleurs plastifiées de fruits , légumes , protéines, céréales
Photocopies ludiques relatives aux groupes d’aliments et leurs fonctions dans l’organisme
Imagier des fruits et légumes
Achat à Fort Dauphin de fruits, légumes de saison et d’œufs, pour la dégustation des enfants
2) Des planches sur l’anatomie féminine , masculine, le cycle menstruel, la grossesse et la contraception, sur place Sylviane en avait également laissé.
Préservatifs
3) Achat de bassines et de savons doux pour le bain des bébés
Le Barnum nous a été d’une grande utilité surtout en début de séjour pluvieux, il permet d’accueillir les classes, sans perturber les cours, et on y entrepose notre matériel.
S’est greffé par hasard sur cette période la construction du nouvel escalier de l’école. Le bois et 3 menuisiers sont arrivés en pirogues jusqu’à Evatra , ensuite Anne Marie a embauché 25 porteurs pour terminer le trajet. L’escalier a été monté en quatre jours ( avec un 4 ième menuisier arrivé avec nous en 4/4 )
La mission
-Réunion avec Valéry, Nazotoa et Narcisse, pour l’organisation du séjour
La période qui précède les vacances est réservée aux examens , nous accueillerons donc les T1 T2 avec Narcisse tranquillement le matin, alors que les T3 T4 de Nazotoa , et les T4 T5 de Valéry se partagerons l’après midi.
-Réunion également avec les parents d’élèves ( ils sont pratiquement tous là ), pour nous présenter et leur faire part de notre projet. Échanges intéressants, Monsieur Ernest de Tananolo papa de Chaolin prend la parole, il vient de suivre une formation d’agent de santé et est très motivé pour améliorer leur vie : Hygiène , contraception , allaitement lui semble des sujets primordiaux ;
Nous proposons aux parents des groupes de discussions sur ces thèmes ,ils s’inscrivent donc sur les plages horaires que nous leur proposons.
-L’alimentation du lundi au Jeudi
Classe par classe les enfants vont découvrir les photos, les groupes d’aliments et leur fonction, sous forme de jeu, puis nous leur expliquerons quel sont ceux qui construisent le corps ? qui donnent de l’énergie ? qui l’entretiennent ?
Nous leur ferons laver, peler, couper, déguster les fruits : ananas, caramboles, papayes, oranges, pomme cannelle, avocats ; les légumes : carottes, concombres, choux, poivrons ; les protéines : œufs durs.
Ensuite , ils vont colorier, dessiner, découper, coller, classer les aliments par groupe, et pour terminer la semaine, ils vont fabriquer chacun un petit pot, à l’aide d’une feuille rigide d’une sorte de palmier et de ficelle, sous les conseils éclairés d’Anne Marie, pour planter une graine de leur choix, puis ils l’emporterons à la maison pour en prendre soin pendant les vacances.
Cette semaine s’est déroulée légèrement, car les supports étaient variés, et les enfants enthousiastes surtout les plus petits , il y eu de bels échanges avec les enfants en présence des 3 instituteurs.
L’enjeu a donc été de montrer aux enfants l’importance d’une alimentation diversifiée,et son impact sur la santé, la croissance et l’entretien de leurs corps. Avec une alimentation essentiellement basée sur le manioc les carences sont palpables (état déplorable de nombreuses dentitions, rachitisme, affections rhino-pharyngées, allaitement insuffisant..), ils mangent également de temps en temps du riz et du poisson, crevettes ou crabes quand ceux ci ne sont pas vendus en ville.
Or le sol de cette presqu’île est propice aux plantations d’arbres fruitiers, de potager, de champs.
Nous y avons répertorié beaucoup de bananiers, de cocotiers et de goyaves sauvages, quelques manguiers, papayer, letchees, avocatier, ananas. La culture du manioc reste majoritaire mais de plus en plus de rizières, de champs de patates douces apparaissent, et également de la canne à sucre, quelques potagers débutants avec des courges, oignons et même un pied productif de tomate . Ce peuple de pécheur, n’a pas de tradition agricole, mais la motivation des enfants et de leurs parents peut changer la donne.
-Vendredi : la journée des intervenants
Nazotoa et Laure ont crée un chant avec les groupes sur l’association
Narcisse et Anne-Marie ont animé l’atelier conte et lecture
Valery, Dr Myriam et Roseline pour les soins ( vermifuge : 1cp d’Albendazole pour les plus de 13ans, 1cp de Mebendazole m et s pdt 3j pour tous les autres ) pansements et consultations.
Sylviane et Geneviève sur l’atelier nature, ont réalisé un grand semis de graines d’eucalyptus dans le potager et réalisé des petits pots en feuille afin d’y semer également une autre sorte d’eucalyptus ;
Sylviane ne s’est pas préoccupée des jeunes plants de fruitier , qui souffrent de la chaleur dans leur petits pots en mahanpy et qui se porteraient mieux en pleine terre.( sur environ 28 manguiers 6 sont déjà dessèches faute de soins , pas d’arrosage prévu pendant la saison sèche )
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Compte rendu de Geneviève
Comme l’a écrit Roseline nous avons débuté notre séjour à Lokaro par la réunion avec les parents , ce qui me semblait essentiel dans la démarche, afin d’avoir leur point de vue et leur aval pour le coté contraception et prévention IST de notre mission.
Cette réunion a été riche d’échanges et nous avons compris qu’il était tout aussi difficile aux mères qu’aux pères de pouvoir évoquer ces thèmes tant avec les filles qu’avec les garçons. Et finalement cela les arrangent bien qu’on le fasse à leur place. A mon grand étonnement un groupe de papas à été intéressé pour venir à une intervention. Ce jour là, il fut établi, qu’il y aurait 4 groupes de femmes, un groupe d’hommes. Les instituteurs ont réparti les T4 et T5 plus quelques grandes et grands de T3 en 4 groupes dont deux de filles et deux de garçons.
Nous avions aussi prévu sur ces thèmes deux interventions au collège de Mondromodromotra avec un groupe de filles et un groupe de garçons. (cf CR de Roseline)
Au total 11 interventions auraient dues être faites mais la nature et les bans de Tovy en ont décidé autrement et seulement deux groupes de mamans sont venus.
Lors de ces séances nous avons montrer des planches anatomiques des appareils génitaux féminin et masculin, des planches sur la conception et le dévelopement du foetus et les différents moyens de contraceptions: préservatif, pilule, implan, stérilet, injection tous les 3 mois, collier du cycle et même abstinence. La discussion était ouverte autour de ces trois axes.
Lundi 23 mars : début prévu de l’intervention: 9H, les femmes étant parties à la pêche, elles n’arriveront qu’à 10H30.
Dans ce petit groupe les 3 femmes sont déjà au courant de l ‘anatomie et de la contraception, mais on regarde quand même les planches et la discussion s’installe avec de franches rigolades.
L’après midi c’est un groupe de 6 femmes qui se présente. Les discussions et questions sur la grossesse, l’accouchement et les suites sont plus intenses. Nous leur demandons d’expliquer « mifana »qui est une période de trois mois environ après l’accouchement où la mère et le bébé doivent rester enfermés dans la case surchauffée. Elles nous expliquent que c’est pour éviter que les courants d’air viennent abimer l’utérus. Mais en fait pendant cette période les mamans ne font rien elles sont nourries et choyer et « quand elles ressortent, elles sont magnifiques » ,nous disent elles ;
Nous discutons sur le fait que l’on peut pratiquer cela en sortant de la case et surtout en ne restant pas dans la fumée en permanence avec le bébé ( puisque le feu se fait dans la case).
Léonette une très jeune maman (16 ou 17 ans je crois) nous explique que pour son accouchement elle a du marcher deux à trois heures pour arriver au dispensaire. Elle a accouché en arrivant, est restée trois jours et est revenue au village, toujours à pied pour le mifana.
Elle nous fera une démonstration de « mibaby » qui est le portage dans le dos des bébés et des enfants.
Le lendemain 24 mars au matin : Les femmes prévues ne sont pas venues: la manne poissonneuse a été plus forte pour les attirer et on le comprend bien. Mais elles n’ont pas prévenues qu’elles ne viendraient pas et nous avons attendu pour rien; dommage même si on en a profité pour aller nous baigner.
L’après midi, on accueille deux groupes de garçons à la suite.
Dans le premier, il y a 5 garçons entre12 et 15 ans. Ils sont assez impressionnés par certaines planches anatomiques même s’ils connaissent certaines choses. Certains d’entre eux disent avoir déjà eu des rapports. La parole circulent librement et ils expriment facilement leur vécu..
Quand nous abordons la contraception, nous avons une bonne discussion sur le respect des uns et des autres et sur le fait que toujours la jeune fille doit être d’accord. Nous instons sur le rôle du préservatif pour éviter les grossesse mais aussi pour éviter les les IST. Ils rigolent beaucoup et nous disent qu’ils s’en servent surtout pour faire des lances pierres et des frondes. Ils évoquent aussi le fait qu’ils regardent des petits films pornos sur les portables. Pour 100 Ariary ils peuvent charger des séquences pornos dans des boutiques sur FD….
Nous leur présentons ensuite le déroulement de la grossesse et les besoins pour la maman de n’être pas trop fatiguée et bien nourrie. Ils s’intéressent beaucoup au développement du foetus et au déroulement de l’accouchement. Les garçons de ce groupe, selon ce qu’ils ont pu exprimer, ont des rapports sexuels mais n’utilisent aucun moyen de contraception pour se protéger et protéger leurs partenaires des IST et des grossesses.
Le deuxième groupe est également constitué de 5 garçons de 12 à 17 ans. Nous leur faisons la même présentation. Ils ont les même réactions devant les planches anatomiques mais se livrent beaucoup moins. Il nous semblent aussi moins précoces que ceux du premier groupe.
Cette après midi a été intense et riches en échanges. Espérons qu’ils puissent en retenir quelques précautions à prendre.
25 mars :
le groupe de femmes du matin n’est pas venue non plus pour les mêmes raisons et n’ a pas prévenu non plus. Nous sommes un peu déçues car nous aurions pu prendre plus de temps avec les élèves.
L’après midi nous accueillons deux groupes de 8 filles.
Dans le premier groupe les jeunes filles ont entre 12 et 14 ans. Elles sont beaucoup plus discrètes et intimidées que les garçons. Elles semblent aussi moins informées même si Laure, l’ interprète, pense qu’elles ne disent pas tout. Sur les planches anatomiques , elles n’arrivent pas à tout nommer. C’est un groupe intéressant et attentif . Nous insistons sur la contraception pour qu’elles puissent poursuivre les études et sur le préservatif contre les IST. Roseline propose qu’elles marquent sur un calendrier leurs cycles pour qu’elles sachent où elle en sont dans leur cycle.
Nous leur indiquons, comme nous l’avons fait pour les garçons, où elles peuvent trouver des préservatifs et autres moyen de contraception. Nous leur précisons qu’elles peuvent aussi parler avec le docteur Myriam . Elles ne veulent pas, parce ce que les séances santé se déroulent toujours en présence Valéry leur instituteur. Nous leur proposons d’organiser un temps où elles pourraient être seule avec Myriam.
Nous en discutons plus tard avec le docteur Myriam qui est d’accord pour que ces rencontres aient lieu le midi avant la reprise des activités des intervenants le vendredi.
Dans le deuxième groupe, il y a 11 filles de 12 à15 ans. Une élève reste tétanisée et cachée derrière un arbre et ne veux pas assister à la discussion. Impossible pour elle d’exprimer ce qui ne lui convient pas , elle retourne donc en classe. Les autres jeunes sont un peu réservées mais se dérident rapidement. La fin d’aprés midi est passionnante , elles sont très demandeuses de détails sur le cycle la contraception et l’anatomie. Nous leur proposons aussi de noter sur un calendrier le rythme de leur cycle et les rencontres avec le docteur Myriam.
Jeudi 26 mars :
Le matin c’est un groupe d’hommes qui doit se présenter. Contrairement aux femmes ils sont tous à l’heure (9 h) sauf monsieur Ernest qui arrive de Tananole qui est à une bonne heure de marche de Lokaro. Deux d’entre eux pensent que nous sommes là pour faire des soins médicaux. Après explications ils décident de rester. Nous reprenons les planches, la contraceptions et les IST. La traduction est assurée par Valéry puisque Laura ne voulait pas faire la traduction sur ce thème aux hommes. Quand Monsieur Ernest arrive la séance est terminée mais nous recommençons pour lui. Monsieur Géléry de Vatoroka déjà présent reste avec lui. Il nous dit qu’ils ont fait la même formation d’agent de santé organisée par UNICEF. Avec eux nous avons de bons échanges sur la contraceptions, l’allaitement : sa durée et le repos des femmes quand elles allaitent, Mifana. Ils nous apportent aussi leur croyance comme par exemple: si une femme ne fait pas Mifana il y a de l’air qui entre dans son ventre et elle sera malade. Ils apprécient ce complément de formation parce que nous avons des supports et cela paraît plus concret. Ils nous demandent si nous pouvons leur donner des planches . Nous en dessinerons d’autres qu’ils viendront chercher à notre retour de Mondromodromotra. Nous leur laissons à chacun une boite de préservatifs. Cet échange a été très important pour moi qui essaie dans ma pratique en france d’inclure le plus possible les pères et leurs vécus.
Au retour de MMM
Après un we de repos nous reprenons les séances avec les collégiens de la presqu’île.
Lundi 30 mars : groupe de 6 filles de 12 à 16 ans le matin.
Même présentation, même déroulement.
Les filles restent timides mais posent beaucoup de questions
Nous insistons sur le fait qu’ elles pourront poursuivre leurs études si elles ne sont pas enceintes.
Elles ont pour la plupart un projet, beaucoup veulent être sage femme ou médecin.
L’après midi, nous avons une rencontre avec un groupe de 9 garçons de 12 à 18ans.
Le groupe est très distant au début, ne semblant pas intéressé, puis petit à petit ils sont plus présents et interviennent plus. Ils passent des bancs aux nattes et se resserrent autour des planches. Bons échanges et bonnes discussions.
Mardi 31 mars : groupe de 11 garçons de 16 à 20 ans dont deux ont déjà un enfant, plus Valério 12 ans qui a déjà fait une séance avec les enfants de l ‘école. Ce groupe est actif et pose beaucoup de questions dont quelques une sont très surprenantes, comme par exemple « les femmes ont elles du sperme? ». Leurs connaissances du corps masculin, féminin, de la contraception et de la grossesse sont limités, ce qui nous conforte dans l’idée que ces interventions n’auront pas été inutiles.
Ces séances ont été riches de rencontres et d’échanges. Laura dans sa traduction a participé au bon déroulement des séances même si je ne l’ai pas sentie à l’aise avec ce thème. Elle nous a un peu déstabilisées juste avant les deux dernières rencontres en nous lachant sans trop d’explications qu’elle venait de vivre sa pire mission, mauvais repas, mauvais couchage, rien de positif dans notre séjour. Ce fut un peu difficile à avaler mais l’intérêt des jeunes et leur joie communicative nous ont remis d’aplomb.
-L’intervention sur le collège de Mandromodromotra (MMM)
Sur le trajet aller, nous nous sommes arrêtées à MMM au collège où la majeure partie des adolescents de la presqu’île sont scolarisés de la 6e à la 4e (quelques uns sont à Fort Dauphin).
Anne Marie avait rencontré le directeur en amont, qui semblait très motivé par notre venue.
Le thème de nos interventions : l’anatomie physiologie du corps masculin, féminin, le cycle menstruel, la contraception et la prévention des grossesse précoces et des IST, le déroulement d’une grossesse.
Nous avions prévu nos interventions par classe et par sexe sur la 3e semaine de notre séjour, en rentrant sur FD ,mais c’était sans compter sur les vacances de Pâques débutant dès le jeudi 26 mars , par manque de temps donc, nous pensions annuler cette action, mais devant l’insistance du CPE et de Madame Célestine professeur de français et d’histoire géo,nous leur proposons d’intervenir sur la classe de 3e uniquement, en 2 groupes : 34 garçons et 11 filles séparés . Cela impliquait donc que nous fassions le trajet à pied, aller et retour Lokaro- MMM, durant la 2e sem de notre séjour. Les collégiens des autres classes viendront au barnum pendant les vacances scolaires.
Nous avions également rencontré au dispensaire de MMM , le docteur Saholy et la sage femme Sarah, qui avaient envisagé une action similaire au collège, mais ne l’avait jusqu’à présent pas réalisé. Comme elles étaient plus disponibles en fin de semaine , et qu’elles tenaient à être présentes, nous avons planifié cette venue pour le vendredi. Les élèves de 3èmes et Mme Célestine étaient donc là, malgré le début des vacances. La femme du maire de MMM nous a rejoint également ;
Finalement comme nous n’avions pas d’interprète (Laura ne pouvant pas marcher ) Sarah et Dr Saholy, avec nos supports papiers, ont elles même animé l’intervention en Malgache, en insistant vraiment avec les filles sur le cycle féminin .
Au centre de soin d’ MMM les contraceptifs sont gratuits et disponibles : préservatifs, pilule, pilule du lendemain, injection trimestrielle, implant d’une durée de 3 ans, pas de stérilet car les IST sont nombreuses et fréquentes ( syphilis, gonocoque, chlamydia, par contre, pas ou peu, de sida détecté).
Les jeunes ont été très attentifs , avec de bons échanges et beaucoup de questions.Surtout le contact était établi entre eux et les personnes ressources : Mme Célestine , la sage femme et le médecin du dispensaire, qui peuvent leur fournir les renseignements et la contraception gratuitement.
Mme Célestine était tellement heureuse que l’on aborde ces sujets avec les jeunes , qu’elle nous a proposé de continuer cette action sur tous les collèges de la région.
Ce séjour a été riche en émotions et échanges. Sarah nous a reçu chez elle royalement et nous a permis d’assister de nuit à un accouchement difficile, finalement évacué vers FD à pied sur un brancard de fortune car la seule ambulance disponible était en panne.
Elle est toute jeune , mais assume la garde 24h/24 , de temps en temps relayée la nuit par le Dr Saholy. Elles travaillent toutes les 2 du lundi au vendredi
Ce sont de belles personnes qui ne ménagent pas leur peine, et une bonne ambiance règne sur ce centre de soins avec le gardien Mr Fleury et sa famille, l’aide soignante Brigitte et la cuisinière Martine.
– Les consultations
Sinon tout au long de notre séjour à Lokaro, nous avons eu le matin et le soir des consultations :
asthme, bronchite, paludisme, otites, douleurs dentaires, petites plaies, blessure . Nous ne recevions que les enfants.
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Annexe
Personnes ressources malgaches sur place :
Pour l’école :
•L’instituteur directeur de l’école Z-L : Valéry
– Régulièrement formé aux soins par Dr Myriam, assure bien , il devient même spécialiste des sutures (mais les filles ados aimeraient avoir un espace temps et lieu le vendredi seules avec Dr Myriam).
– il assure le suivi des travaux, ex réfection du toit de l’école
– il s’occupe de l’achat de la pirogue
Dr Myriam assisté de Valéry
•Les 2 autres instits de l’école Z-L Narcisse et Nazotoa tous 3 forme une bonne équipe
•La secrétaire de l’école Z-L : Prisca semble bien motivée et très honnête
• Le Dr de l’école Z-L : Dr Myriam qui aimerait poursuivre avec nous , mais doit tenir compte de son nouvel emploi au village d’enfant
• De plus en plus de parents d’élèves qui semblent bien impliqués dans la vie de l’école ( ex : Patricia, Mme Hélénette de Vatoroka ).
* Et on peut compter maintenant, sur les jeunes.
* Mme Edwige du village de Lokaro qui est toujours disponible pour cuisiner et laver
A MMM
Pour la commune de MM :
•Les agents de santé locaux :
Mr Ernest de Tananolo, papa de Chaolin
Mr Gelery de Vatoroka, papa d’Althé
Mme Helenette d’Itapere ( elle a traversé la presqu’île spécialement pour nous amener 2 boites de test palu)
• Mme Célestine Rasoanandrasana prof de Français et d’Histoire géo du Collège de MM aimerait travailler pour l’association, elle n’a jamais cours au collège le vendredi. Nous avons beaucoup apprécié cette femme.
• Sarah et Dr Saholy du dispensaire, elles en assurent la garde permanente. En dehors des heures d’ouverture il faut s’adresser au gardien Mr Fleury
NOTRE INTERPRETE LAURA
compte rendu d’Anne-Marie
Prisca ne peut pas être disponible : son grand’père vient de mourir. Je la charge donc de nous trouver une remplaçante pendant le week-end. Lundi 2 Mars 2015 elle me présente Laura et nous nous rencontrons au bureau. Elle a un niveau de français excellent à l’oral et nous nous mettons rapidement d’accord pour qu’elle nous accompagne. Le dîner prévu ce lundi soir est reporté à mardi soir car Roseline et Geneviève n’ont pas eu leur correspondance à Tana et elle ne seront là que le mardi. Je l’invite à se joindre à nous afin de faire connaissance. Je lui propose l’indemnité habituelle d’interprétariat (20000 ariarys par jour)… Elle accepte nos conditions. Elle me prévient qu’elle risque d’avoir un rendez-vous avec QMM pour lesquels elle a fait un travail et dont elle attend un retour.
Le dîner est très convivial et nous confirme que Laura est la personne qu’il nous faut.
Notre départ est prévu pour jeudi matin 5 mars.
Mercredi soir elle m’appelle pour me prévenir que son rendez-vous est fixé le vendredi 6 Mars à 15 heures qu’elle ne pourra donc pas se joindre à nous le jeudi mais elle me promet de nous rejoindre en moto le samedi. Nous avons besoin du week-end pour nous installer à Lokaro et nous avons prévu de ne commencer le travail que le lundi 9 mars donc j’accepte ce contre-temps.
Elle arrive comme prévu le samedi pendant que nous sommes en train de faire le planning des semaines à venir.
Son travail d’interprète commence le lundi lors de la réunion de parents d’élèves organisée afin que R. et G. se présentent et présentent leurs projets. Elle nous donne entièrement satisfaction.
Comme dans toutes les missions précédentes de groupe nous mettons en place notre tour de table quotidien : je rappelle le premier soir quelques règles de fonctionnement et le but de ce tour de parole : évacuer le vécu du jour aussi bien pour les émotions que pour les problèmes rencontrés.
Laura s’avère partante pour ces tours de parole et c’est même elle qui nous rappelle à l’ordre lorsque nous oublions.
Le travail avec les enfants commence par le projet de Roseline : 3 groupes d’enfants classe entière.
J’assiste aux séances et j’aide à la mise en place. Laura traduit ce que Roseline explique et ce que les enfants expriment… C’est une personne expérimentée et le rythme convient bien. Elle a mis en place un code avec R. et G. afin de pouvoir tout traduire.
Mon poste d’observatrice me permet d’être très attentive à tout. Au bout de 2 jours je me rends compte que Laura va au-delà de la traduction et donne des informations qui n’ont pas été exprimées par R. Lors du tour de parole du soir je lui rappelle qu’elle ne doit que « traduire » ce qui est dit et rien de plus.
Elle me dit qu’elle en tiendra compte.
Par la suite nous voyons qu’il n’en est rien et qu’elle continue à délayer les informations. Je trouve ça dommage car cela bloque tout questionnement possible des enfants. Cette manière de procéder est celle utilisée par tous les enseignants à Madagascar.
Nous acceptons de la laisser continuer pour ne pas la mettre mal à l’aise.
Son travail auprès de Geneviève dans les différents groupes se passe bien et nous donne satisfaction. Avec toujours un peu ce sentiment qu’elle en dit trop mais les traductions ne sont pas toujours évidentes d’une langue à l’autre. Pour le groupe d’information auprès des papas elle nous demande si Valéry veut bien la remplacer car elle ne se sent pas trop à l’aise avec les hommes adultes. Ce qui est évidemment accepté par Valéry.
Le travail avec Laura est quelque peu gêné par sa difficulté à la marche à pied et elle ne participera pas à la sortie à Mandrodromotra.
Les derniers jours de cette mission l’ambiance est un peu alourdie sans que nous puissions en définir les raisons mais nous le sentons toutes. Une dernière séance d’information doit avoir lieu avec un groupe de collégiens. C’est le moment juste avant que Laura choisit pour exprimer que cette mission a pour elle été la plus difficile de tout ce qu’elle a vécu jusqu’à maintenant… Le cercle de paroles du soir ne donne rien de bien précis sur cette impression et nous comprenons à demi-mots que les conditions matérielles lui ont été très difficiles : pas de viande, marche à pied… nous avons pourtant eu l’impression de faire un effort pour que les repas soient améliorés et nous avons mangé poissons et crustacés presque chaque jour….
Nous avons trouvé un peu dommage de terminer le séjour sur cette note-là car nous avions vraiment bien apprécié son travail et sa disponibilité. Nous lui accordons de repartir 2 jours avant nous afin de mettre fin à son supplice !
Anne-Marie MIGNET
14 avril 2015
DIAPORAMA