Le nouveau Journal de Zanaky-Lokaro est édité
Nous sommes heureux de vous présenter le journal de la renaissance de notre petite école Zanaky-Lokaro.
Bonne lecture.
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Nous sommes heureux de vous présenter le journal de la renaissance de notre petite école Zanaky-Lokaro.
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Compte-rendu d’Odile Braux
Les activités ont commencé un an, jour pour jour, après l’incendie de l’Ecole. Elles se sont déroulées en français avec les enfants qui ne paraissaient pas avoir de grosses difficultés à comprendre : les Petits s’exprimaient en malagasy bien qu’aimant jouer aux petits perroquets… les Grands en français bravant leur timidité le temps d’un jeu. Ils ont paru enchantés d’avoir pu confectionner et rapporter à la maison autant de « objets-cadeaux », surtout au moment des Fêtes car à notre grande surprise Noël et Jour de l’An sont fêtés sur la Presqu’île.
La rentrée des classes a commencé par un grand nettoyage de chantier et la prise de possession des classes, toujours installés sur des nattes car la confection du mobilier scolaire sera terminée d’ici un mois, peut-être, pour être acheminé par bateau quand la météo le permettra. Nous sommes actuellement en période cyclonique, c’est à dire très chaud mais pluvieux qui apporte bon nombre de gros rhumes. Il faut que les anti-corps se fassent comme dans toutes les écoles primaires… dixit le Dr Myriam qui est passée faire sa 1ère visite dans les nouveaux locaux.
Cette deuxième semaine s’est achevée par un festin « chakafa » pour tous nos enfants de l’Ecole (préparé par quelques Mamans), suivi de la plantation de trois arbres. Chaque classe a adopté le sien et donc le soignera afin qu’ils puissent se développer correctement et donner des fruits à l’image du rôle de notre Ecole envers ces enfants.
Nous nous sommes quittés à coups d’éclats de rire et de grands « coucou » émouvants. Ainsi s’achève la mission ludique.
Pendant tout le séjour j’ai été ballotée entre la vitalité, la bonne humeur des enfants et le côté apparemment intéressé des adultes. En effet la nouvelle école suscite chez certains plus d’intérêt pour faire une fête d’inauguration (ils voudraient que l’Association offre le zébu!) plutôt que le confort des élèves et des enseignants qui viennent de passer une année à travailler dans des conditions très difficiles.
J’ai eu aussi la bonne surprise d’être gâtée par nombre de familles reconnaissantes de l’intérêt que nous, l’Association Zanaky Lokaro, apportons à leurs enfants.
Odile Braux
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Le 4 janvier 2018 Mr Guy Robert HERIJAONA était à Lokaro. Nous nous sommes réjouis que le 2ème trimestre puisse effectivement démarrer dans les nouveaux locaux.
Il est presque terminé le jour de notre départ de Lokaro le 7 janvier.
Les tables et les bancs ainsi que les divers mobiliers sont commandés chez notre menuisier qui évalue à un mois le délai de fabrication.
Nous avons également demandé à Mr Guy Robert de nous faire un devis pour la construction d’un troisième logement d’instituteur.
Il nous reste 5 jours pour travailler aux points importants de fonctionnement de notre bureau de Fort Dauphin avec Prisca. Odile m’accompagne efficacement. Nous posons les bases d’une communication plus efficace entre nos 3 pôles de travail : Madagascar, La Réunion et la Métropole.
Un CR plus détaillé sera sans doute nécessaire pour une vision plus fine de ce qui nous reste à faire!
Anne-Marie Mignet
Joseph Mignet et Eric Lechevalier à Lokaro du 7 au 21 novembre 2017
(Eric et Joseph sont tous les deux menuisiers-charpentiers)
Objectif : Faire le point du chantier de reconstruction de l’école de Zanaky Lokaro. Eric Lechevallier vit à la Réunion, il est membre de l’association Zanaky Lokaro, il a suivi l’évolution du chantier depuis la Réunion. Il a fait des plans, contacté Guy Robert, le chef d’entreprise Malgache dont l’équipe s’est lancé dans la construction des deux bâtiments, trois classes et une infirmerie. Les premières démarches, à partir de l’ancienne école, ont été faites par Véro, la secrétaire de l’association sur ordinateur et Anne-Marie sur place, avec Guy Robert. Les travaux ont commencé mi-mai 2017. La solidarité et la générosité des membres de l’association Zanaky Lokaro et des gens proches qui ont voulu participer, ont été extraordinaires !
Arrivés à Talagnaro (Fort-Dauphin), nous avons passé toute une journée à acheter le matériel électrique pour l’école : gaines, fils électrique, prises, interrupteurs, fixations ; sur les indications de longueur et de quantité de Valéry, le directeur de l’école.
Nous avons rencontré Prisca, la secrétaire Malgache de l’association pour des formalités administratives.
Nous avons rencontré Guy Robert, l’entrepreneur Malgache et un électricien qui nous a été recommandé par le vendeur du matériel, Modeste, qui doit faire un devis de pose.
Je précise que, de la Réunion, nous emmenons un onduleur neuf, car le premier couplé avec les panneaux photovoltaïques qui fournissent l’électricité à l’école, a rendu l’âme. Nous avons été logé chez Raymonde et Samuel, membre de l’association de Zanaky-Lokaro.
Nous avons pris la piste pour deux heures trente assez dures, pour finir par trois tours de pirogues pour atteindre le village de Lokaro et le chantier de l’école avec tout le matériel, Guy Robert, Modeste, l’électricien, le chauffeur, Eric et moi. Nous avons fait le tour du chantier avec Guy Robert, son chef de chantier et l’électricien.
Nous avons vu avec les charpentiers : les contreventements des façades pour les deux bâtiments et ceux de charpente contre les fermes, consolidation des poutres et des volets en doublant les barres, soutien des solives le long des murs sous le parquet. Notre but n’est pas de donner des leçons de technique mais de respecter leur travail de base et de constater simplement si les plans et ce que l’association avait demandé, ont été respectés. L’échange a été positif et le deuxième trimestre en janvier 2018 a débuté dans les nouveaux bâtiments !
Dessin d’Eric Lechevalier
Rapport de mission à Lokaro : du 16 au 28 octobre 2017
Farasoa, Sahondra, Patrick
OBJET :
Projet Enseignement du français (Sahondra)
Le projet de formation s’adresse avant tout aux instituteurs de l’école primaire à l’école Lokaro.
L’objectif est d’être un appui pour ces instituteurs dans l’enseignement du français, en tenant compte, dans la mesure du possible, du contexte quotidien des enfants et des enseignants.
Le contenu se réfère aux programmes des classes du CP au CM2, programmes en vigueur depuis la rentrée 2015. Ainsi, pour le premier cours de français en CP relatifs à l’« Acquisition des consignes de classe », il me semble approprié que ces consignes devraient être, d’abord, vues en cours de malgache, puis être mises en parallèle avec les mêmes consignes en langue française, pour leur donner plus de sens. Par la suite, tout l’enseignement du français se ferait en français.
Pour chaque thème du programme abordé, la démarche pédagogique est expliquée aux instituteurs et discutée avec eux. Les parties du contenu qu’ils peuvent exploiter directement avec les élèves sont extraites pour leur usage personnel.
Par ailleurs, les livrets de formation IFADEM (Initiative Francophone pour la Formation à distance des maîtres) seront présentés, commentés et discutés avec les instituteurs pour qu’ils puissent entreprendre et développer leur auto-formation. Un exemplaire de chacun des quatre livrets leur sera laissé.
Apprentissage des mathématiques selon la méthode Singapour (Fara)
Introduction de séances de 1H / j sous forme de parenthèses récréatives pour application de la méthode singapour. Classe ciblée CP + CE1 (T1/T2). La méthode de singapour introduit les mathématiques en 3 étapes progressives :
Le concret : l’élève touche et manipule, raconte une histoire du quotidien. Cette étape va se mettre en place par l’utilisation d’objets tels que des graines de haricots, des cubes singapour, des dés.
L’imagé : l’enseignant reproduit en image ce qui a été vu concrètement. Cette deuxième étape sera déployée sous forme de planches à distribuer aux élèves et par des exercices, des comptines.
L’abstrait : introduction des signes numériques et du concept : addition, soustraction. C’est la méthode déjà utilisée couramment par les instituteurs.
L’intervention se limitera donc aux deux premières étapes pour l’acquisition et/ou consolidation des connaissances. Les présentations se feront en malgache. Pendant les 10 jours, le programme se limitera à
• Apprendre à compter jusqu’à 20
• Apprendre les dizaines et unités
• Introduire le concept de l’addition / soustraction
• Comparaison de 2 nombres
Echange avec les parents d’élèves (Sahondra et Fara)
1. Parler de la scolarité des jeunes filles : importance de la poursuite des études
2. Rappeler les conditions du parrainage : envoi de bulletin tous les trimestres (responsabilité et devoirs)
3. Saynète par les enfants pour sensibilisation sur le sujet
Observation, récréation (jeu de balles), prise de photos (…et sieste) (Patrick
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Compte-rendu de la mission de Sahondra
Projet Enseignement du français
Résumé objectifs de la mission
1. La mise en place de nouveaux programmes en français : de la classe de 11e à la classe de 7e.
2. L’appui aux maîtres en termes d’apprentissage et d’enseignement du français : apport méthodologique et pratique ; l’utilité pour eux des livrets IFADEM (Initiative Francophone de Formation à Distance des Maîtres).
Les deux semaines passées à Lokaro ont été organisées en trois axes.
A. Des séances de travail avec les maîtres.
Plusieurs séances avec les maîtres ont été l’occasion de travailler :
Sur les programmes en français dans les classes primaires :
B. Des séances d’enseignement auprès des élèves de tous niveaux. L’objectif est double :
débloquer la parole des élèves en français et montrer des pratiques à cet effet aux maîtres. Il s’agissait :
C. Des séances d’observation des pratiques des instituteurs.
Cette mission a été riche d’enseignement pour moi et j’espère aussi pour les maîtres. En tout cas, j’ai trouvé des maîtres qui aiment leur métier, qui sont à l’écoute et qui sont intéressés par ce qu’on leur propose ; et des élèves très attachants.
Sahondra
PEDAGOGIE DU COLORIAGE
Les objectifs :
la tenue de l’outil scripteur (le crayon)
le respect de la limite du trait
l’harmonie des couleurs
la détente et la libération des tensions
la concentration
LA PROGRESSION
T1
L’enfant qui arrive à l’école la première année n’a pas suffisamment de force et d’adresse dans les doigts et dans les mains pour tenir correctement son crayon. Il est donc nécessaire de passer par un apprentissage de la tenue correcte du crayon :
sans tension mais avec souplesse
utiliser les bons doigts pour la tenue du crayon
la main ne doit pas être cassée au niveau du poignet
le corps doit rester souple
1 – Le travail sur l’ardoise est prioritaire. La tenue de la craie ne demande pas d’effort particulier ni de geste précis. C’est important que l’enfant puisse laisser une trace écrite sur son ardoise pour se sentir créateur. Les séances au crayon doivent être limitées dans les premiers mois de classe.
Le coloriage ne peut pas être tout de suite introduit.
2 -Commencer par le dessin libre sur demi-feuille A4 (afin de ne pas gaspiller de papier). On peut utiliser les crayons de couleur ou les feutres (alterner les outils). Pas de consigne particulière si ce n’est de « conseiller » d’utiliser tout l’espace de la feuille.
3 -Lorsque l’enfant est prêt (chaque enfant évolue à un rythme différent) lui proposer un coloriage avec des espaces larges à remplir. (les mandalas ne sont pas appropriés dans cette phase d’apprentissage) il faut prévoir des coloriages plus simples.
Il n’est pas nécessaire d’avoir un « modèle » : chaque enfant est libre d’utiliser les couleurs qui lui conviennent.
4 – Dans le courant de l’année il sera progressivement possible de donner quelques consignes plus précises sur la réalisation du coloriage :
respecter le trait sans dépasser
utiliser certaines couleurs
Il est important aussi de considérer qu’un coloriage doit être terminé… si une seule séance ne suffit pas il sera utile de reprendre le même une autre fois pour que l’enfant comprenne que c’est très important que le travail soit fait jusqu’au bout et éviter le gaspillage.
5 – Pour ceux qui ont une plus grande facilité de précision introduire les « mandalas » avec la seule consigne de ne pas déborder du trait.
(la progression présentée ne correspond pas avec le découpage des trimestres ou autre… c’est l’enseignant qui sent quand il est possible de passer d’une étape à l’autre et pas forcément en même temps pour tous les enfants)
T2
L’enfant sait maintenant tenir son crayon correctement et il a déjà utilisé différents outils (crayon – stylo – crayon de couleur – pinceau….) on peut donc présenter la séance de coloriage avec quelques consignes. Selon les enfants il sera peut-être nécessaire d’avoir encore à disposition quelques coloriages simples avec des espaces larges à remplir. Sinon les mandalas peuvent être utilisés mais il faut commencer par ceux qui offrent de larges espaces de coloriage pour cette classe d’âge.
1 – Pas de consigne laisser libre cours à ce que l’enfant veut produire (la seule exigence étant que le coloriage soit terminé….)
2 – Lorsque l’enfant est prêt (c’est à dire lorsqu’il respecte la limite du trait sans dépasser) on peut donner quelques consignes supplémentaires : utiliser 2 couleurs ou 3 couleurs au choix mais uniquement celles-là.
3 – Puis faire prendre conscience du dessin qui est représenté : c’est un cercle (la plupart du temps) avec un centre qui va vers la limite de la circonférence… La consigne peut être de travailler sur le dessin qu’on retrouve plusieurs fois dans l’espace de la même couleur.
Ces séances doivent être accompagnées par le maître afin que le travail soit bien fait.
T3
L’enfant aime de plus en plus ces séances de coloriage : il y prend plaisir et il sait produire un beau travail.
1 – Il peut travailler seul par exemple lorsqu’il a fini son travail avant les autres élèves de la classe.
2 – On peut varier les consignes : commencer le coloriage par le « coeur » du mandala (le centre) et aller vers l’extérieur ou l’inverse : commencer par l’extérieur pour aller vers le centre.
3 – Il sera peut-être utile de faire une séance collective avec le même mandala pour tous. Le maître montre alors l’évolution du travail depuis le centre vers l’extérieur puis de l’extérieur vers le centre
T4/T5
Le coloriage n’a plus de difficulté particulière pour les enfants de T4/T5.
Le maître peut utiliser le mandala avec les élèves pour varier la prise de conscience de
l’ouverture : on va du centre vers l’extérieur et chaque « niveau » de circonférence du dessin est colorié avec une seule et même couleur.
le retour à soi : on va de l’extérieur vers le centre et chaque « niveau » de circonférence du dessin est colorié avec une seule et même couleur.
Le dessin représente des « rayons » les colorier tous sur le même modèle avec les mêmes couleurs.
DANS TOUS LES CAS IL EST TOUJOURS IMPORTANT QUE LE TRAVAIL SOIT TERMINE ET NE PAS DONNER DE NOUVEAU COLORIAGE TANT QUE LE PRECEDENT N’EST PAS COMPLETEMENT FINI.
LE COLORIAGE SE FAIT AVEC DES CRAYONS DE COULEUR.
La progression présentée ici peut être complétée et améliorée par chacun de vous.
Chacun de vous doit connaître la progression dans son ensemble depuis la classe de T1 car certains enfants ont plus de difficultés que d’autres. Cette progression est donc à adapter à chaque enfant.
Il est essentiel aussi que cette séance de coloriage soit accompagnée par le maître.
Nous constatons que la pédagogie que vous pratiquez à l’école malagasy produit des enfants qui ont une très bonne mémoire. Par contre nous constatons aussi un « déficit » de réflexion personnelle.
Il serait bon d’introduire dans vos enseignements des techniques d’apprentissage à la réflexion personnelle. Votre pédagogie leur demande toujours de reproduire quelque chose qui ne laisse pas de libre choix de réponse. Hors il est « urgent » que les jeunes générations puissent donner leur avis sur l’avenir ! Si vous avez besoin de « conseils » nous pouvons en reparler.
BON TRAVAIL
ANNE-MARIE MIGNET